Accueil / Viticulture / Assyrtico et Malvoisie d'Istrie testée au Château La Roque

Adaptation climatique
Assyrtico et Malvoisie d'Istrie testée au Château La Roque

Pour s'adapter au réchauffement climatique, le Château La Roque introduit deux variétés étrangères dans son encépagement : l'Assyrtico et la Malvoisie d'Istrie, vinifiés pour la première fois cette année. Elles semblent bien s'acclimater.
Par Michèle Trévoux Le 22 novembre 2019
article payant Article réservé aux abonnés
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Assyrtico et Malvoisie d'Istrie testée au Château La Roque
Cyriaque Rozier dans sa parcelle d'Assyrtico plantée près du Pic Saint Loup. - crédit photo : DR
L

e château La Roque, situé en AOC Pic Saint Loup n’hésite pas à sortir des sentiers battus pour s’adapter au réchauffement climatique. Cyriaque Rozier, vigneron et régisseur du domaine, parcourt les vignobles du monde, depuis de nombreuses années, à la recherche de cépages adaptés à des climats encore plus secs que celui du Pic Saint-Loup. En 2016, il a planté deux cépages blancs venus d’ailleurs, sur des surfaces d’un demi-hectare chacun : l’Assyrtico, cépage emblématique de l’île de Santorin et la Malvoisie d’Istrie, originaire de Croatie.

Bonne résistance à la sécheresse

Tous deux se sont bien comportés sous les températures caniculaires et la sécheresse de cet été. « La parcelle d’Assyrtico est mitoyenne d’une parcelle de Mourvèdre du même âge. Entre les deux, il n’y a pas photo. Nous avons eu des grillures sur le Mourvèdre alors que le feuillage de l’Assyrtico est resté très vert. La Malvoisie d’Istrie a également bien supporté la grosse chaleur. Dans la journée, ses feuilles se recroquevillaient, mais le matin elles étaient à nouveau étalées. Il n’y a pas eu de grillure ni sur feuilles, ni sur grappes », a-t-il observé.

L’Assyrtico est conduit en petit gobelet, la Malvoisie d’Istrie est palissée. « Pour l’Assyrtico, je vais tailler long, en conservant 9 à 12 yeux par pied, quitte à couper des raisins ultérieurement si nécessaire, car c’est un cépage qui semble peu productif. La Malvoisie d’Istrie, qui donne deux grappes par sarment, sera taillée plus court». Le régisseur n’a pas remarqué de sensibilité, ni de résistance particulière aux maladies. Les deux variétés ont été touchées par le mildiou l’an dernier, tout comme les cépages traditionnels de la région. Quant leur comportement face à l’oïdium, en l’absence de pression cette année, il est difficile de se prononcer.

Fraîcheur et minéralité

Les micro-cuvées, élaborées à partir de cette première récolte, révèlent une expression similaire à ce que donnent ces cépages dans leur région d’origine : « Même si elle est plus modérée, on retrouve dans l’Assyrtico la fraîcheur caractéristique des vins de Santorin. J’ai un pH à 3,15 avec beaucoup de sucrosité et une belle minéralité. L’acidité de la Malvoisie est moindre, le pH est à 3,40, mais il y a une belle sucrosité et des notes florales intenses », commente le vigneron.

Ces deux micro-cuvées (400 cols pour l’Assyrtico, 700 cols pour la Malvoisie d’Istrie) seront vendues en Vin de France dans une nouvelle gamme « Collection cépages », qui s’enrichira d’autres variétés dans les années à venir.

Domaine de 45 ha au coeur de l’AOC Pic Saint Loup, le Château de La Roque est la propriété de Sylviane et Bertrand Barascud, qui ont toujours orienté leurs pratiques culturales vers le respect de l’environnement et la production de vins sains. La totalité de la production du domaine est certifiée en bio et biodynamie. Les méthodes ancestrales sont appliquées au domaine : labour des sols à cheval, travaux en fonction des cycles de la lune, vendanges manuelles...

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé