LE FIL

Déclassements en brandy, retards de paiement…

L’interprofession de l'Armagnac court après ses impayés

Lundi 25 novembre 2019 par Alexandre Abellan

Dévoilé lors de l'AG du BNIA, le trou de trésorerie n'est que temporaire explique-t-on au sein de l'interprofession.
Dévoilé lors de l'AG du BNIA, le trou de trésorerie n'est que temporaire explique-t-on au sein de l'interprofession. - crédit photo : BNIA
Dans le rouge comptable, le bureau de l’eau-de-vie gasconne négocie discrètement avec ses créanciers indélicats pour se refaire une santé financière, alors qu’elle ne manque pas de projets.

Quasiment 170 000 euros de déficit. Le déséquilibre comptable a été officialisé par le Bureau National Interprofessionnel de l’Armagnac (BNIA) lors de son assemblée générale du 15 novembre. Les comptes arrêtés sur l’année écoulée sont déséquilibrés par le manque de rentrées, des Cotisations Volontaires Obligatoires (CVO) prévues n’ayant toujours pas été réglées. Qu’il s’agisse de retards de paiements ou de déclassement pur et simple d’eaux-de-vie AOC en brandy sans indication géographique.

« Je vais m’attacher à faire rentrer les CVO. Tous les organismes qui doivent de l’argent au BNIA vont le verser. Nous sommes en négociations pour recouvrir les fonds » balaie avec humeur Patrick Farbos, le nouveau président du BNIA, qui demande à Vitisphere de ne pas mentionner les noms d’entreprises impliquées, pour ne pas perturber les pourparlers en cours.

Brandy

En cours de discussions, les modalités de paiement des CVO laissent « un bon espoir pour une issue amicale et non judiciaire » rapporte, sous couvert d’anonymat, un négociant. Qui souligne que l’enjeu n’est « pas que financier. Il y a aussi un impact d’image. Le principal opérateur local impliqué a décroché l’approvisionnement français de la marque de brandy d’un grand groupe américain… » En cas d’échec des pourparlers, ce dossier pourrait également avoir des répercussions juridiques pour l'ensemble des interprofessions françaises. Pour le BNIA, le paiement des CVO est dû à partir dès la distillation en appellation Armagnac, quoiqu’il advienne de l’eau-de-vie ensuite. Une lecture qui n’est pas partagée par l’opérateur impliqué, qui estime pouvoir déclasser ses lots sans régler de CVO. Comme si un vin ayant eu l'agrément AOC décidait de finalement se déclasser, sans régler de CVO à l'organisme dont il dépendait.

"Remettre à flot"

Alors que le BNIA multiplie les projets d’investissements techniques (création d’un alambic expérimental et recherche sur les caractères résistants du cépage Baco) et commerciaux (participation au salon Vinexpo Paris, projet armargnac day en septembre 2020 aux Etats-Unis…), « nous devons aller chercher des subventions et les CVO pour remettre à flot [l’interprofession]. Cela ne fait que deux mois que je suis là. Je ferais tout pour être à l’équilibre l’an prochain » conclut Patrick Farbos.

 

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