LE FIL

Difficultés de recrutement

La filière viticole se mobilise avec le plan "VitaBourgogne"

Lundi 18 novembre 2019 par Juliette Cassagnes

En Bourgogne, on recherche actuellement 150 tractoristes...
En Bourgogne, on recherche actuellement 150 tractoristes... - crédit photo : J Cassagnes
« Vita Bourgogne » est le nom donné au nouveau plan d'action initié par la filière viticole bourguignonne pour tenter de palier au problème chronique de manque de main d'oeuvre. L'objectif : attirer des jeunes.

« Nous avons un gros souci de recrutement et d'attractivité de nos métiers, avec beaucoup d'offres et personne en face, témoigne Thiébault Huber, président de la Confédération des appellations et vignerons de Bourgogne (CAVB). Un tractoriste peut par exemple gagner jusqu'à 2300€ par mois, mais cela ne se sait pas ...». Face au manque récurrent de candidats aux postes à pourvoir dans les entreprises, la filière viticole bourguignonne a donc décidé de prendre les choses en main.

"Mettre en réseau tous les acteurs"

La production, à travers la CAVB, et le négoce, via l'UMVGB, se sont alliés pour mener un plan d'action, avec l'aide du BIVB. Le budget alloué : 150000€. Celui-ci se décline en deux temps: la première étape a consisté à recenser auprès des opérateurs leurs besoins en main d'oeuvre et à les mettre en adéquation avec les offres de formation dispensées par les lycées viticoles ou organismes de formation. C'est ainsi que de nouvelles offres, telles que caviste ou tractoriste, ont été conçues et sont désormais proposées. Un travail de coordination et de « mise en réseau » de tous les acteurs clés de la formation et du recrutement en Bourgogne a aussi été conduit : lycées viticoles, Cfppa (Centres de formation professionnelle et de promotion agricole) et Maisons familiales rurales, chambres d’agricultures, les Opérateurs de compétences (Ocapiat, Vivea, Ifria), Pôle emploi…

Gagner en visibilité par une meilleure communication

Le second volet, qui reste le « véritable challenge », doit permettre d'attirer de nouveaux candidats afin de remplir ces formations et les postes non pourvus. Un challenge qui passe par un gain de visibilité, en s'appuyant sur ces acteurs de la formation. « La filière bénéficie d'une bonne visibilité sur ses produits ...Nous devons aussi la faire connaître en tant que pourvoyeuse d'emplois », explique Hubert Zeimett, directeur adjoint de l'UMVGB.

Une plateforme internet, appelée "Vitabourgogne", devrait ainsi voir le jour courant 2020. Elle centralisera les offres d'emploi et de formations, les métiers, les démarches et les contacts pour aider et renseigner les candidats. Des contenus seront publiés sur des sites partenaires et sur les réseaux sociaux pour tenter d'attirer les candidats vers la plateforme. Des journées portes-ouvertes, des job-dating, des participations à des salons étudiants, sont aussi au programme. Enfin, des supports de communication seront édités à l'intention des partenaires (écoles, centre d'orientations, centre d'insertion, etc).

La cible principale, qui reste pour le moment à l'échelle régionale : les jeunes, les saisonniers, les demandeurs d'emploi, les personnes en réinsertion, les réfugiés, mais aussi les salariés candidats à une évolution professionnelle.

La filière a dénombré environ 700 propositions d'emplois actuellement non pourvues : ouvriers viticoles, tractoristes, cavistes, opérateurs sur chaine d'embouteillages, etc. Un besoin structurel appelé à durer et à s'amplifier.

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