LE FIL

Innovation iconoclaste

Ce vigneron lance son cognac effervescent en Chine

Vendredi 15 novembre 2019 par Alexandre Abellan

« Ma seule volonté, c’est de faire ce qu’il me plaît pour exister » répète Régis Moulin, ce 12 novembre à Shanghai.
« Ma seule volonté, c’est de faire ce qu’il me plaît pour exister » répète Régis Moulin, ce 12 novembre à Shanghai. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Certains mettent des glaçons dans leurs eaux-de-vie. Ce négociant charentais y met des bulles, qu’il présente à l’occasion du salon Prowine China en ciblant les consommatrices.

« Mon cognac effervescent n’est pas classable. Dans les catégories officielles, on le considère comme un "autre spiritueux". [Comme lui,] je ne suis pas classable. Au dire de certains charentais, je ne suis pas non plus fréquentable » s’amuse Régis Moulin, le propriétaire du domaine de la Croix Blanche (30 hectares en Fins Bois, à Maqueville), ce 12 novembre sur le salon Prowine China (Shanghai).

Produisant depuis dix ans un spiritueux à base de cognacs gazéifié, la cuvée Elixir, le vigneron-négociant le commercialise déjà en Europe et en Amérique du Nord. Il le lance désormais en Chine. Servi givré, « ce produit cible d’abord les femmes, qui trouvent que les cognacs sont trop alcoolisés et agressifs. Mais il peut se consommer en trou normand pendant le repas, ou en digestif » précise Régis Moulin.

100 000 cols/an

Ne pouvant prétendre à l’appellation Cognac, ce spiritueux est obtenu par gazéification à 7 bars de jeunes cognacs diminués à 31 degrés alcool par ajout d’une liqueur sucrée. Produisant 100 000 cols/an de la cuvée Elixir grâce à des achats de négoce, le domaine de la Croix Blanche affiche un prix de vente de 13,25 euros en départ export.

"Innover par précaution"

Si Régis Moulin reconnaît que son produit iconoclaste fait tousser à Cognac (où le sujet de l’innovation est particulièrement sensible), il se souvient avoir commencé sa carrière en pleine crise viticole des années 1970 et d’avoir pâti de celle de la fin des années 1990. « Actuellement, tout va très bien pour la région, grâce au travail des grandes maisons, mais la santé du Cognac a toujours été en dents de scie. Je préfère innover sur des produits spécifiques par précaution » explique-t-il. Ne mettant pas ainsi tous ses œufs dans le même panier (le négociant commercialisant aussi des Cognacs, le viticulteur apportant des raisins au premier opérateur du vignoble).

Gazéifiant également un pineau (dit champagnisé selon la terminologie charentaise usuelle), Régis Moulin a déjà de nouvelles idées pour une prochaine innovation. La plantation d’un cépage très productif, l’exalta, pour produire… du gin.

 

 

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VOS RÉACTIONS
CognacXO Le 17 novembre 2019 à 10:53:32
Belle innovation M. Moulin...mais ce produit n’est pas nouveau..Jusqu’a Il y a quelques années, ce produit était interdit soi-disant...J’ai eu l’occasion d’en goûter, et ca s’appelait. « Cognac Champagnisé »....mais ça faisait 40° d’alcool...et pas 31°...D’ailleurs, vous n’avez pas le droit de dire que c’est du Cognac qui est dedans à proprement parler car le Cognac ne mérite que le nom que s’il fait entre 72° et 40°...Vous pouvez dire « à base de Cognac »....mais il est tellement plus facile de dire que c’est du Cognac qui est dedans au consommateur, ça fait plus prestigieux....Attention quand même aux contrôles ....
Sylvain Le 15 novembre 2019 à 21:46:37
Pas convaincu que l'univers de ce produit innovant et décalé soit celui des effervescent, plutôt premix premium
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