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Le marché chinois s’intéresse aux vins blancs, effervescents… et même rosés

Mercredi 13 novembre 2019 par Alexandre Abellan

La perspective d’un développement de la croissance de consommation chinoise de vin ne se retrouve pas encore dans les supermarchés, même de mégalopole (ici à Shanghai).
La perspective d’un développement de la croissance de consommation chinoise de vin ne se retrouve pas encore dans les supermarchés, même de mégalopole (ici à Shanghai). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Toujours largement dominée par les rouges, la Chine arrive aux prémices de la diversification de sa consommation à en croire les échos du salon Prowine China.

Inenvisageable il y a quelques années, la consommation chinoise ne se limite plus aux seuls vins rouges. « Les visiteurs chinois voient "grand cru", ils craquent sur notre riesling. Ils nous disent en avoir marre des vins rouges lourds de Bordeaux. Ils cherchent de la fraîcheur et plus de légèreté » rapporte à chaud le vigneron alsacien Thierry Laurent (Saint Wendelin, à Niedermorschwihr), ce 12 novembre à Shanghai, en ouverture du salon Prowine China.

« On voit plus de demandes pour les blancs et rosés qu’auparavant. Des acheteurs chinois m’ont demandé dès ce matin du sauvignon blanc et j’ai eu des questions sur les rosés. Cela ne serait jamais arrivé l’an dernier. On sent la demande monter » confirme Mathilde Huon, responsable export Asie-Pacifique pour les vignerons de Tutiac (Bordeaux). Qui souligne que les profils de ses vins correspondent aux attentes chinoises : « des blancs expressifs et aromatiques avec de la sucrosité. Pour les rosés, c’est encore très nouveau, ils sont en découverte. »

86 % de rouge

Ce ressenti d’une ouverture progressive de la consommation chinoise est confirmée par le marché, qui voit sa couleur hégémonique céder du terrain. « La dernière étude en ligne Smart Path Digital Retail Audit atteste de cette diversification. Les consommateurs chinois achètent 86 % de vins rouges, 7 % d’effervescent (dont 2 % de champagnes), 6 % de vin blanc sec et 1 % de rosés » rapporte Sean Liu, le directeur général du géant chinois Greatwall (groupe Cofco).

« Les importateurs chinois diversifient beaucoup leurs portefeuilles à cause de la concurrence. Ils cherchent de nouveaux approvisionnements pour se démarquer des autres » analyse Benjamin Bourgoin, le représentant en Asie des champagnes A. Bergère (Epernay). En témoignent ses ventes de vins effervescents non-dosés (moins de 8 g/l de sucre), alors que nombres de maisons champenoises font appel au demi-sec pour séduire les palais chinois.

"Il faut être patient"

Prometteurs, ces signes ne sont cependant que les prémices d’une diversification de la consommation qui prendra du temps. En témoigne un détour au supermarché voisin du parc des expositions de Shanghai, où malgré un rayon vin imposant, les vins blancs et rosés étaient à peine présents. « En Chine, il faut être patient. Ce n’est pas l’Eldorado » prévient Benjamin Bourgouin. Soulignant qu’« on ne peut pas s’y implanter en trois jours. Il est bien d’y être présent et d’être derrière les importateurs. Il ne faut pas se satisfaire d’une commande de 20 000 bouteilles. Il faut vérifier qu’après que l’importateur ait dégusté un flacon, les 19 999 cols restants ne vont pas rester sept dans un entrepôt… »

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