LE FIL

Onéreux

Un rapport pointe le coût de la sortie du glyphosate

Mercredi 13 novembre 2019 par Christelle Stef

Sortir du glyphosate entraînera d'importants surcoûts pour les exploitations viticoles
Sortir du glyphosate entraînera d'importants surcoûts pour les exploitations viticoles - crédit photo : Christelle Stef
Le rapport parlementaire sur la sortie du glyphosate pointe du doigt le coût de sortie du glyphosate, alerte sur l'absence d'une palette complète d'outils du travail du sol et souligne le manque de tractoristes qualifiés pour mener ces travaux délicats.

Ce mardi 12 novembre, la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale a examiné les conclusions de la mission d’information commune sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate.

Trois obstacles en viticulture

Que faut-il retenir ? Que la suppression du glyphosate se heurte à des difficultés techniques et sera d’un coût élevé pour les agriculteurs et les viticulteurs. En viticulture, l’alternative au glyphosate est le travail du sol. Mais comme le souligne le rapport « avant même de considérer le coût de [cette] transition, la viticulture française se heurterait à trois obstacles pratiques immédiats :

(…)  non seulement il n’existe pas d’outil polyvalent, adapté à tous les terrains, tous les écartements entre les rangs, toutes les adventices à détruire, les couverts à gérer, les conditions climatiques, mais il n’existe pas encore non plus d’outil répondant à chaque besoin ; de toutes les façons, les équipementiers ne sauraient actuellement fournir tous ces matériels aux dires des exploitants rencontrés ; enfin, les tractoristes qualifiés indispensables à ces travaux délicats manqueraient singulièrement. Les exploitants se déclarent prêts à mieux les payer, voire à compléter leur formation, mais ils ne trouvent pas de candidats en nombre suffisant, à tel point qu’une partie de leur parc de matériel reste inutilisé (…) Pour ces trois raisons fondamentales, la plupart des exploitants rencontrés par la mission – pour certains très impliqués dans diverses démarches environnementales, participant activement au réseau des fermes DEPHY et expérimentant la viticulture biologique sur certaines de leurs parcelles – se disent obligés de continuer à utiliser le glyphosate. ».

"Cinq à dix ans pour abandonner le glyphosate"

A cela s’ajoute les surcoûts – de l’ordre de 210 €/ha en vignes larges et de 408 €/ha en vignes étroites - qui « s’ils peuvent être assumés par les producteurs de vins à haute valeur ajoutée, pèseraient excessivement sur la rentabilité des autres. Au vu de ces contraintes (…) les viticulteurs estiment qu’il leur faudrait au moins cinq ans voire dix ans pour abandonner le glyphosate ».

Un accompagnement financier nécessaire

Les rapporteurs – Jean-Luc Fugit et Jean-Baptiste Moreau - estiment donc que la transition ne pourra pas se faire sans accompagnement financier, du moins dans les premiers temps.

Ils appellent également le gouvernement à clarifier rapidement quelles seront les cultures qui feront l’objet d’une dérogation pour continuer à utiliser du glyphosate en 2021. Selon eux, il serait "insconscient d'attendre le 31 décembre 2020" pour annoncer aux exploitants quelles seront les filières qui seront concernées par l'interdiction du glyphosate au 1er janvier 2021 et celles qui bénéficieront d'un sursis.

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Paysan Le 22 novembre 2019 à 23:37:14
Le coût de la sortie du glyphosate... A-t-il été mis en face du coût du maintien du glyphosate ? Non bien sur ! Parce qu'une fois de plus personne, ou encore trop peu de monde, ne regarde plus loin que le bout de son nez. A l'heure des analyses économiques dans tous les sens et sur tous les sujets, on s'entête à ne voir qu'à court terme, et à ne pas prendre en compte dans les calculs qu'une parties des paramètres. Comme pour le nucléaire et le coût de l'électricité, nous avons utilisé cette technique et payé cette énergie en dessous de son coût réel de production, puisque le traitement des déchets et des installations n'ont pas été pris en compte dans le calcul. Et comme ce n'était pas cher, personne n'a fait attention. Aujourd'hui, le coût de l'énergie électrique monte... Il aurait été préférable de payer dès le départ le vrai montant de la facture. Comme pour le Glyphosate : Il est très économique puisque que tout n'est pas compté (l'appauvrissement des sols, la pollution des nappes phréatiques, la prise en charge des frais médicaux, et les effets que nous découvrirons dans 10 ans...) et en plus, des décennies d'utilisation ont favorisé la perte de compétences chez nos tractoristes en terme de travail du sol. Aujourd'hui il faut accepter de payer le vrai coût de nos pratiques !!! Accepter que nous avons délaissé la formation et désintéressé les nouvelles générations à des métiers de passion. Accepter que nous avons produit à des coûts sous estimés, Accepter que nous devons revoir nos pratiques alternatives au désherbage chimique. Les solutions techniques existent avec des équipements de travail du sol aujourd'hui adaptés à toutes les situations, (Allez faire un tour à Montpellier !!!) ou des pratiques culturales différentes en acceptant les enherbements, nettement plus bénéfiques sur bien des plans agronomiques, et moins onéreux. A moins que le Glyphosate rapporte encore trop, et que ce ne soit pas une volonté d'évoluer !!!
ramella serge Domaine de l EOUVE 83920 LA MOTTE Le 22 novembre 2019 à 16:59:07
en bio et sans aides depuis 20 ans. Des aides pour sortir du glyphosate ? avec effet retroactif ?..... Attendons que les clients ne veuillent plus du tout des vins glyphosatées.......
ramella serge Domaine de l EOUVE 83920 LA MOTTE Le 22 novembre 2019 à 16:42:27
Ma culture est bio donc sans glyphosate, je n est pas d aides depuis 20 ans, ma clientèle grossie un peu plus chaque années .Des aides pour sortir du glyphosate? mais alors avec effet rétroactif pour les bios? Il faut peut être attendre que les clients ne veuillent plus du tout des vins glyphosatées pour faire simple...
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