LE FIL

Anjou-Saumur

27 appellations mettent fin au désherbage chimique total

Lundi 28 octobre 2019 par Patrick Touchais

Vignes désherbées en Anjou : un cliché qui devrait disparaître sous peu avec la publication des nouveaux cahiers des charges des AOP d'Anjou-Saumur.
Vignes désherbées en Anjou : un cliché qui devrait disparaître sous peu avec la publication des nouveaux cahiers des charges des AOP d'Anjou-Saumur. - crédit photo : Patrick Touchais
Les appellations d'Anjou-Saumur accueillent avec satisfaction la modification de leur cahier des charges qui met notamment fin au désherbage chimique total.

Enfin ! Les arrêtés officialisant les nouveaux cahiers des charges des 27 appellations d’Anjou-Saumur viennent d'être publiés. Avec au menu : une mesure forte : la fin du désherbage chimique total sur les 18 000 ha du vignoble en AOC.

Dans le texte officiel, la phrase explicite la directive : “Un couvert végétal maîtrisé, spontané ou semé, est obligatoire sur l’inter-rang ; en l’absence de ce couvert végétal, l’opérateur réalise un travail du sol afin d’assurer la maîtrise de la végétation spontanée ou justifie de l’utilisation de produits de biocontrôle homologués par les pouvoirs publics en viticulture. En cas d’utilisation d’herbicides de biocontrôle sur une parcelle, l’utilisation d’autres herbicides est interdite”.

Deux années de travail

Il aura fallu quand même plus de deux ans pour voir aboutir la décision votée par toutes les AOC, une à une, au premier semestre 2017. Désormais, cette mesure rentre dans le contrôle des appellations. “On est très fier. On est le premier vignoble en France à le faire sur tout un territoire”, souligne le président. “On veut avancer sur l’environnement, mais on s’oppose à des décisions arbitraires”, poursuit-il. Les ZNT sont dans le viseur.

On demande à l’Etat de prendre ses responsabilités. On veut les mêmes règles partout en France. On attend donc le texte national et pas de charte dont on ne connait pas bien la valeur juridique”. Surtout, les vignerons angevins en sont convaincus : il faut renouer le dialogue avec les riverains, “qui sont aussi nos clients”, en expliquant tout simplement que tout pied de vigne a besoin de traitement. Bio ou pas. Et pour passer des paroles aux actes, des rencontres vont être programmées au cours de l’hiver dans quelques communes viticoles d’Anjou pour des moments d’échanges.

Pas d'inquiétudes sur la commercialisation

Encore une année inoubliable”, sourit Laurent Ménestreau à l’heure de tirer le bilan de la récolte 2019 en Anjou. Pour la président de la Fédération viticole d’Anjou-Saumur, entre le gel, la coulure, la sécheresse, la vendange aura été “très hétérogène dans le vignoble”. Mais pas d’inquiétude sur le volume global : “On aura ce qu’il faut pour alimenter nos marchés”. D’autant qu’entre les rosés et les bulles, les sorties de chais sont solides (plus de 700 000 hl sur 925 000, en hausse de 7 %). Comme dans les autres appellations de France sur cette couleur, la Fédération angevine nourrit quelques inquiétudes sur les rouges, et un peu sur les liquoreux hauts de gamme. D’un point de vue macro-économique, le vignoble est plutôt serein. “Au sein des certaines entreprises, c’est plus compliqué. On a quand même subi le gel 3 ans sur 4”, indique Laurent Ménestreau

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Jb Le 31 octobre 2019 à 16:26:06
Je rejoints @Ben. Une nouvelle en trompe l’œil , la nouvelle principale de cet article c'est qu'on découvre que certains vignerons de l'Anjou/Saumur désherbaient encore chimiquement en plein!!! Et que pour finir il aura fallu l'interdire dans l'arrêté du cahier des charges des AOC Anjou/Saumur pour obliger les récalcitrants à stopper cette pratique, qui n'a plus court ailleurs. C'est assez risible de la part du président qui a le toupet de faire croire à une avancée dont les autres vignobles devraient s'inspirer. Il faut qu'il visite un peu la France , en général, les vignes sont totalement enherbées, ou enherbées & travaillées un rang sur 2, et les vignerons commencent à s'équiper pour désherber mécaniquement sous le rang.
Titi Le 29 octobre 2019 à 18:38:50
Avec le retour de la culture de la vigne sans desherbants ,c 50 pourcent des exploitations viticoles qui vont disparaitres car plus de frais environ 1000 euros de plus par hectare ,pour ne pas vendre le vin plus cher et de plus ou va ton avoir de la main d'oeuvre qualifiée pour conduire les engins mécaniques, nos présidents d AOC des guignols et des rêveurs qui vont faire le jeu des bobos écolos .DE PLUS CHAQUE VIGNERON EST LIBRE CHEZ LUI LES VIGNES NOUS APPATTIENNENT ,DONC POUR MA PART J AI A ME VOIR IMPOSER CELÀ SUR MON PROPRE VIGNOBLE NOUS SOMME PAS EN DICTATURE SA DOIT ÊTRE VOLONTAIRE ET PAS IMPOSER PAR DES GUIGNOLS QUI QUITTENT LEURS PANTALONS
Ben Le 29 octobre 2019 à 13:20:17
Où est le progrès ? L'interdiction du désherbage chimique en plein des parcelles de vignes est actée et appliquée depuis longtemps ailleurs. Des effets d'annonces... pour se féliciter d'être en retard... c'est très original.
JP Gauyier Le 28 octobre 2019 à 13:08:23
en Viti, à l'Agro de Montpellier, à la fin des années 60, on nous enseignait : non labour, désherbage intégral : atrazine / simazine. Même si ces produits sont désormais interdits, toute une génération de viticulteurs a appliqué consciencieusement ces pratiques culturales. Il n'est que temps que ceux qui actuellement sont à la tête d'un vignoble cessent de suivre sans réflexions les enseignements théoriques, les prescription des fournisseurs de produits divers, ainsi que les directives productivistes de certaines instances proffessionnelles
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