LE FIL

Couverts végétaux hivernaux

Comment choisir les espèces à semer ?

Mercredi 23 octobre 2019 par Juliette Cassagnes

Le mélange de variétés appartenant aux différentes familles permet une meilleure production de biomasse, couverture du sol et gestion des adventices.
Le mélange de variétés appartenant aux différentes familles permet une meilleure production de biomasse, couverture du sol et gestion des adventices. - crédit photo : J Cassagnes
En octobre, il est encore temps pour implanter un couvert végétal. Conseils sur les critères à prendre en compte pour choisir les espèces à semer.

Les variétés peuvent être semées « pures » mais les organismes techniques préconisent la plupart du temps de multiplier les espèces, pour plusieurs raisons : les mélanges favorisent en général la production de biomasse - aérienne et racinaire - par rapport à une espèce seule. Ils assurent aussi de meilleures couverture du sol et gestion des adventices. « Afin de s’assurer que les microorganismes puissent dégrader correctement la matière organique sans priver la culture d’azote (faim d’azote), il apparaît souhaitable de mélanger les engrais verts afin de disposer d’une formulation équilibrée entre carbone lent, rapide et azote », explique également l'IFV Occitanie sur son site ; les graminées fournissent le carbone lent, les crucifères et les légumineuses le carbone rapide, et les légumineuses de l'azote en plus.

Ces trois grandes familles présentent chacune une caractéristique principale : les graminées - seigle, avoine, triticale, orge - sont connues pour leur capacité à structurer le sol en surface, grâce à leurs racines fasciculées ; les crucifères (navette fourragère, colza fourrager, moutarde blanche, radis) pour leur effet structurant mais plus en profondeur par comparaison aux graminées, grâce à leurs racines pivotantes. Et enfin les légumineuses (trèfle, féverole, vesce, pois, fénugrec), pour la fixation de l'azote donc la fertilisation des sols.

Définir ses objectifs en fonction des contraintes du sol et du climat

A l'intérieur de ces familles, les différentes espèces ont ensuite chacune leurs intérêts et inconvénients : les crucifères ont par exemple la propriété de restituer de la potasse ou du soufre, le radis fourrager d'avoir une bonne couverture du sol donc d'être efficace dans la lutte contre les adventices, la moutarde et la féverole peuvent être intéressantes pour l'aspect mellifère, la féverole pour sa forte fixation d’azote atmosphérique, etc. « Avant d'implanter un couvert, il est donc indispensable de définir ses objectifs », insiste la Chambre d'agriculture Pays de la Loire : structuration et stabilisation des sols, apport de biomasse, favoriser la vie biologique, limitation du développement des adventices ou encore biodiversité, répondre à une carence azotée de ses moûts...

"Viser la complémentarité"

Le choix du mélange doit aussi être effectué en fonction des caractéristiques de ses sols et du climat. Les espèces sont adaptées à un certain pH et à une texture particulière. De plus, selon la réserve utile disponible, les espèces se comportent différemment. Toutes ne sont donc pas adaptées à toutes les situations.

Enfin, on veillera à associer des espèces qui sont complémentaires. Ainsi par exemple, la féverole est peu couvrante. L'IFV conseille donc de l’associer à des plantes compétitives dans un couvert pour maîtriser correctement l’enherbement. Autres exemples : l'avoine doit être de préférence associé avec une légumineuse pour éviter les faims d'azote. Les vesces sont plus efficaces si elles disposent de plantes tuteur comme les céréales, la moutarde ou encore la féverole...

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