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La « troisième voie » selon Wolfberger

Pour l'une des principales coopératives alsaciennes, ses adhérents doivent évoluer en mettant en oeuvre des choix les plus naturels possibles.
Par Christophe Reibel Le 18 octobre 2019
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La « troisième voie » selon Wolfberger
Hervé Schwendenman, président, Hubert Gerber, adhérent et Bertrand Dufour, directeur de Wolfberger. Le développement durable est à leurs yeux synonyme de progression de la qualité. - crédit photo : Christophe Reibel
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iticulteur sur 8 ha à Nothalten dans le Bas-Rhin, Hubert Gerber sème deux fois par an dans tous ses rangs un couvert qu’il couche au rolofaca. Il protège ses vignes avec uniquement du cuivre et du soufre. Il utilise encore partiellement du glyphosate mais pense en entretenir bientôt la totalité mécaniquement. Avec de tels choix, cet adhérent Wolfberger incarne la « troisième voie » (comprenez « mieux que le raisonné et le bio ») que la coopérative demande à ses 370 apporteurs de suivre. « Cela fait dix ans que la cave est certifiée Agri Confiance. D’ici cinq ans, il nous faudra travailler à 90 % avec des produits naturels. Il n’y a rien d’écrit à l’avance. Il n’y a pas de recette miracle. 30 % de nos adhérents ont déjà trouvé un nouvel équilibre tenant compte de la configuration de leur vignoble pour travailler différemment, en réduisant notamment drastiquement l’emploi de produits phytosanitaires » expliquait Hervé Schwendenmann, président de Wolfberger, lundi 14 octobre dans le grand cru Muenchberg en train d’être vendangé par l’équipe de Hubert Gerber. La coopérative va pousser elle aussi en ce sens en plantant prochainement à Colmar 50 ares de cépages résistants Floréal et Voltis, dans le but de les tester en vin de base pour effervescent.

Satisfaire des demandes de plus en plus spécifiques

« Nous devons être souples, innover dans le respect du développement durable dans un souci permanent d’augmenter la qualité de nos vins » rebondit Bertrand Dufour, directeur général de Wolfberger. Il se félicite que les récoltes 2018 et 2019 redonnent du stock pour « progresser en qualité. Nous faisons de plus en plus de petites séries. Les consommateurs ont des demandes différentes et de plus en plus spécifiques. Les Etats-Unis vont préférer un riesling avec un peu plus de sucre résiduel, l’Europe du nord un riesling plus sec. A nous de les satisfaire en étant attentifs à l’humain afin de devenir plus performants dans le service comme le stockage ou la livraison ». Les viticulteurs sont encouragés à produire durablement la qualité recherchée par une panoplie de primes : d’apport, de degré, de qualité sanitaire, de maturité. Cumulées, elles représentent dans le meilleur des cas un tiers du prix de base payé pour le kilo de raisin.

Chercher de la valeur avec les vins et les alcools

Wolfberger vinifie en 2019 la production de 1 270 ha de vignes (+ 70 ha cette année). La coopérative vend actuellement 13,1 millions de cols de vins et d’eaux de vie par an dont 99 % sous marques propres. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 58 M€ en 2018-19 dont 10 % dans les alcools. La part de ces derniers doit être portée à 33 % d’ici 2024 avec le développement des spécialités de bouche et de gastronomie. L’entreprise a multiplié ses recettes à l’exportation par trois en dix ans. Elles atteignent désormais 30 % de son chiffre d’affaires avec le souhait de porter ce taux à 60 % dans les cinq ans. Dans les trois ans, Wolfberger prévoit 30 M€ d’investissements dont 14 M€ dans 30 000 hl de cuverie supplémentaire à Colmar et un nouveau vendangeoir à Dambach-la-Ville.

 

 

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