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Sondage Vitisphere

Craintes vigneronnes sur les chartes de bon voisinage

Lundi 23 septembre 2019 par Alexandre Abellan

« Ce ne sont pas les campagnes qui envahissent les villes, mais bien les villes qui détruisent la planète » souligne un lecteur.
« Ce ne sont pas les campagnes qui envahissent les villes, mais bien les villes qui détruisent la planète » souligne un lecteur. - crédit photo : Congrès de la Viticulture Française (2017)
Si les ZNT de 10 mètres entre vignobles et riverains inquiètent les lecteurs de Vitisphere, ils ne sont pas rassurés par la perspective d'une solution alternative.

Rejetée en bloc par les instances viticoles nationales, la perspective d’une Zone de Non Traitement, ZNT, de dix mètres entre les vignes et les habitations alarme les vignerons, qui ne sont pas rassurés par la perspective d’y couper s’ils mettent en place des chartes avec leurs voisins riverains (comme proposé par le ministre de l’Agriculture). Mis en ligne ce 13 septembre, le sondage de Vitisphere sur ce sujet sensible a réuni 127 participations.

Seuls 12 % des répondants pensent que « la mise en place de chartes entre vignerons et riverains d'ici la fin de l'année étant la seule solution d'éviter des ZNT à 10 mètres, il n'y a donc pas de débat ». 37 % jugent au contraire que la rédaction de ces chartes « est un piège annoncé, quand on voit la virulence des antiphytos sur le terrain ». Et 30 % des sondés y voient « une façon pour le ministère de l'Agriculture de se défausser de toute responsabilité » en matière de phytos. Ce que confirme un précédent sondage du 19 juillet, où 44 % des 188 sondés estimaient que la mise en place de ZNT à 10 mètres des riverains pour les vignes était « un geste purement politique, qui ne rassurera même pas les riverains ».

"Plus de pesticides dans votre propre maison"

Comme le montrent les commentaires recueillis sur Vitisphere, nos lecteurs sont exaspérés par un nouveau procès à charge qui vise l’agriculture en général et la viticulture en particulier. Ainsi, Baraud interpelle les riverains : « vous consommer certainement bien plus de pesticides (médicaments, parfums, lessives, etc..) dans votre propre maison sans vous en soucier, arrêtez donc d’écouter les médias et consommez français ». Ce décalage de perception entre les consommateurs et les producteurs est encore plus flagrant dès lors que sont opposées citadins et ruraux. Comme Maury François le rapporte : « faut-il protéger les villes de la pollution des campagnes ou les campagnes de la pollution des villes ? Effectivement il serait bon de créer un cordon de sécurité entre les villes et les campagnes. […] Ce ne sont pas les campagnes qui envahissent les villes mais bien les villes qui détruisent la planète. »

Pessimisme

Face à ces incompréhensions systémiques, l’optimisme n’est pas de mise parmi nos lecteurs. B_yron estime ainsi que « d'une part les agriculteurs ne seront plus en mesure de produire ce qu'attendent les consommateurs, et mettront la clé sous la porte (ou se suicideront, comme bien souvent). Et d'autre part, les consommateurs consommeront des produits importés mais étiquetés bio sans avoir conscience que le bio qui vient d'ailleurs que dans l'UE est aussi peu préservé de produits phytos que le conventionnel de l'UE, mais cela correspondra au budget qu'ils sont prêts à mettre dans l'alimentation/la boisson. »

 

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