LE FIL

Oiseaux, guêpes, promeneurs...

Imaginez-vous les surpenants ravageurs des vignobles amateurs ?

Samedi 14 septembre 2019 par Alexandre Abellan

Jean-Claude Le Bihan promeut une production familiale, amicale ou associative dans la mouvance des microbrasseries.
Jean-Claude Le Bihan promeut une production familiale, amicale ou associative dans la mouvance des microbrasseries. - crédit photo : DR
Pour les vignerons du dimanche, la perspective d’une récolte généreuse doit passer par une stratégie de lutte contre les organismes nuisibles. Qui ne sont pas forcément ceux que l’on l’habitude de voir dans la filière professionnelle.

« La vitiviniculture de plaisance a le vent en poupe. Exit les zones viticoles et non viticoles, on peut désormais faire son vin partout en France, à condition de respecter quelques règles simples » pose le vigneron amateur Jean-Claude Le Bihan dans son livre Faire son vin bio dans son jardin (éditions Terre vivante, 176 pages pour 25 €). La législation française depuis 2016 autorise les associations et particuliers à exploiter pour leur consommation 10 ares de vigne*, ces viticulteurs amateurs ont la joie de pouvoir connaître les tracas techniques des vignerons professionnels, de la plantation à la taille… En passant par l’inévitable lutte contre les ravageurs afin de pouvoir déguster le fruit de leur travail.

« Il est toujours décourageant, lorsqu’on a soigné sa vigne amoureusement toute la saison, de voir une partie de sa récolte détruite par la grêle lors d’un orage d’été, par l’apparition d’une maladie ou pillée par merles, guêpes, frelons… » souligne Jean-Claude Le Bihan. Préconisant de planter des hybrides résistants au mildiou et à l’oïdium, le vigneron amateur se focalise moins sur les traditionnelles maladies de la vigne (Botrytis, érinose, chlorose, esca…), que sur de multiples causes de dévastation moins habituelles pour la filière professionnelle.

Gibier, bétail et grêlons

L’ouvrage conseille ainsi de protéger les plantes contre les herbivores (lapins, bétail, cervidés…) : « les manchons en grillage plastique ou métallique sont efficaces, mais ils peuvent également être à l’origine de dégâts importants lors de leur installation ou si on laisse la vigne en sortir latéralement. Il faudra donc intervenir avec des gestes très mesurés, mais également conduire délicatement la ou les deux pousses les plus vigoureuses vers le haut en début de croissance. » L’investissement dans des filets anti-grêle semble également incontournable, que ce soit pour se prévenir des aléas climatiques ou des oiseaux et insectes (guêpes et frelons).

"Les promeneurs peuvent être redoutables"

Mais « parfois, les promeneurs peuvent être plus redoutables pour la vigne que la plupart des ravageurs » souligne Jean-Claude Le Bihan. « Pour vous en prémunir, vous pouvez clôturer entièrement votre parcelle, mais ce n’est pas toujours efficace à 100 % » ajoute le vigneron amateur, qui conseille également de placer des ruches à proximité pour dissuader les passants indélicats. Sinon, « vous pouvez faire perdurer la légende selon laquelle les raisins de cuve, à la différence des variétés de table, provoqueraient des coliques et des maux de ventre épouvantables » s’amuse le vigneron, rappelant que la bouillie bordelaise était initialement utilisée dans le vignoble médocain « pour colorer les raisins en bleu vert et ainsi décourager les chapardeurs ».

 

 

* : Soit 400 à 800 pieds de vigne estime Jean-Claude Le Bihan, pour une production de 300 litres de vin à terme.

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