LE FIL

Nicolas Ricome

"Entourés de flammes, nous nous sommes dit que tout le domaine était perdu"

Mardi 06 août 2019 par Alexandre Abellan

« L’incendie change tout l’environnement de notre domaine, nous n’avons plus de pinède. Cela va avoir un impact bioclimatique sur nos vignes » note Nicolas Ricome.
« L’incendie change tout l’environnement de notre domaine, nous n’avons plus de pinède. Cela va avoir un impact bioclimatique sur nos vignes » note Nicolas Ricome. - crédit photo : Château Valcombe
Ravageant les forêts et le vignoble du Gard, les incendies de ces derniers jours n’ont pas empêché le vigneron le plus impacté par les flammes de reprendre le travail. Témoignage.

Domaine le plus touché par l'incendie criminel et ses reprises qui ont ravagé l’appellation Costières de Nîmes du 30 juillet au 2 août, le château de Valcombe est fermement décidé à ne pas s’apitoyer sur ce sinistre. « Nous ne sommes pas alarmiste, notre outil de production reprend son activité et ses expéditions. L’entrepôt et la cave sont indemnes, seul le domaine a été touché de plein de fouet » souligne Nicolas Ricome, le co-propriétaire du domaine gardois, ce 5 août.

40 % de pertes de récolte

Si les 60 hectares de pinèdes du domaine sont intégralement partis en fumées l’après-midi du 30 juillet, 60 des 90 ha du vignoble bio ont été touché à des degrés divers, pour des pertes de récolte estimées à 40 %. « Nous avons des souches consumées, où le cep est complètement brûlé et reste accroché au fil de palissage. D’autres souches n’ont pas été brûlées, mais les feuilles et les grappes sont calcinées » rapporte Nicolas Ricome. Qui souligne que les parcelles touchées l’ont surtout été en bordure, notamment nord à cause des vents. Les lames interceps ayant été passées auparavant, « les vignes étaient propres et entretenues. Si les herbes avaient été hautes, le foyer aurait été encore plus important » précise le vigneron.

Nicolas Ricome ajoute que d’autres parcelles ont été aspergées de produits retardants lors de la lutte des sapeurs-pompiers : un liquide épais composé d’argile et d’oxyde de fer qui devrait rendre les raisins impropres à la vinification. L’impact des fumées sur les grappes va également être analysé, pour éviter des faux goûts.

Montagnes russes émotionnelles

Si les dégâts sont importants, ils auraient pu l’être encore davantage. Resté avec son frère Basile et son père Dominique après l’évacuation des salariés pour guider les pompiers, Nicolas Ricome a vu son vignoble, ses bâtiments et son habitation encerclés par le feu. « Quand nous sommes partis, entourés de flammes, nous nous sommes dit que tout le domaine était perdu au vu de l’ampleur des flammes. Tout était en feu, on se disait à 21 heures que l’on avait perdu 300 ans d’histoire. Mais à une heure du matin, nous avons pu revenir et voir que les bâtiments étaient intacts » se rappelle, toujours aussi soulagé, le vigneron.

Après cet ascenseur émotionnel, Nicolas Ricome réalise désormais l’expertise de son domaine pour déterminer ce qui pourra être pris en charge par l’assurance. Mais son espoir actuel est avant tout celui d’une pluie sur le vignoble : « le mieux qui puisse nous arriver, c’est la chute de 30 millimètres d’eau. Pour faire tomber les cendres et aider les vignes à repartir après ces fortes températures » conclut avec pugnacité Nicolas Ricome.

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