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Evènement

Entre science et croyance, l'OIV ouvre le débat sur la filière vigne et vin

Mardi 16 juillet 2019 par Claire Furet-Gavallet

Le thème des cinq jours de congrès s'intitule 'Innover et préserver : attentes environnementales, économiques et sociales'
Le thème des cinq jours de congrès s'intitule 'Innover et préserver : attentes environnementales, économiques et sociales' - crédit photo : Claire Furet-Gavallet
Le 42ème congrès de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin a débuté à Genève le 15 juillet avec une table ronde autour des enjeux entre la science et le consommateur.

650 participants, 44 pays, 200 communications orales et 150 posters. Tels sont les premiers chiffres du 42ème congrès de l’OIV qui se déroule à Genève du 15 au 19 juillet. « C’est la troisième fois de son histoire que la Suisse accueille le congrès de l’OIV mais la première fois pour Genève » introduit Regina Vanderlinde, présidente de l’OIV.

Mission du congrès

« Notre organisation et nos experts ont le même objectif : que la science reste le langage universel » explique Simone de Montmollin, directrice du congrès. « On observe l’émergence d’une défiance contre la science. Le risque c’est qu’elle devienne juste un récit ». Face à une société de plus en plus méfiante et défiant toute information, la science, aussi surprenant que sa définition le soit, perd de sa certitude. « Nous devons continuer à la promouvoir et aussi mieux communiquer autour des problèmes actuels de la société » explique la directrice. Pour cela, rien de mieux qu’une première journée d’ouverture dédiée à la perception des consommateurs. Mais surtout, pourquoi croient-ils davantage à l’avis d’une minorité de personnes qu'ils ne connaissent pas et dont l'avis est contraire aux résultats de la science ?

Conférence

« Il y a aujourd’hui un bras de fer qui se joue paradoxalement entre la connaissance et des mouvements d’opinions » explique Gérald Bronner, professeur de sociologie à l’université Paris Diderot. Et en particulier lorsque cette dualité est en lien avec une peur, comme celle de la conséquence sur la santé de l’utilisation des produits phytosanitaires. Les informations, et notamment les algorithmes nous enferment. « Nous sommes plus sensibles à des informations qui vont dans notre sens, sur ce qu’on veut croire, plutôt que l’inverse » détaille le professeur « La suractivité des minorités, sur les réseaux sociaux notamment, leur donne une visibilité que les citoyens prennent pour une majorité ». Face à cet océan d’information, le cerveau recherche le confort intellectuel, pas la contradiction. Pas le temps, pas les compétences parfois, pour vérifier cette information et le cerveau va davantage croire les conspirationnistes.

"La suractivité des minorités, sur les réseaux sociaux notamment, leur donne une visibilité "

Est-ce de sa faute ? Oui et non. Sur Google, dès les premiers résultats de la recherche, on trouve les points de vue de la croyance, quand ceux de la science sont en second plan, parfois quelques pages après. L’inquiétude est naturelle mais elle doit être accompagnée d’un développement de l’avis critique. Les exemples sur le vin peuvent être nombreux et commencent par le fameux ‘contient des sulfites’, suivi du débat sur le glyphosate, puis de la célèbre phrase « ils rajoutent même des produits d'origine animale dans le vin ». Des solutions pour changer les opinions du public ? « Une hiérarchisation des informations, faire apparaitre ceux de la science en premier » propose Gérald Bronner « Un marketing cognitif, c’est-à-dire communiquer l’information scientifique de manière à ce que le cerveau la retienne ». Et surtout, lutter contre ses minorités en prenant leur place. Chacun doit prendre part au marché de l’information.

 

 



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