LE FIL

Côtes-du-Rhône rouge

L'appellation régionale montre des signes d'essoufflement

Lundi 15 juillet 2019 par Juliette Cassagnes
Article mis à jour le 19/07/2019 09:34:12

Pour Philippe Pellaton, président du syndicat des Côtes du Rhône, les indicateurs économiques montrent des  signaux faibles mais ne doivent pas alarmer outre-mesure
Pour Philippe Pellaton, président du syndicat des Côtes du Rhône, les indicateurs économiques montrent des signaux faibles mais ne doivent pas alarmer outre-mesure - crédit photo : J Cassagnes
Un point économique sur la campagne 2018-2019 en appellations régionales Côtes-du-Rhône et Côtes-du-Rhône villages rouges a été présenté lors de l'assemblée générale du syndicat ce jeudi 11 juillet.

Côté production, la campagne 2018-2019 a été marquée par un recul des sorties de chais de l'appellation régionale par rapport aux années précédentes, avec un volume d'1 million hl, soit -8% à fin mai. Cette baisse se produit principalement sur la couleur rouge. Autre indicateur en baisse : les transactions vrac enregistrées au niveau interprofessionnel, avec -5% au 30 juin. Les Côtes-du-Rhône villages avec et sans nom de commune suivent les mêmes tendances. Le retard important pris en début de campagne a donc été rattrapé en seconde partie de campagne, mais pas totalement.

« Cette baisse chronique des sorties de chai est liée à la politique menée depuis quelques années qui vise à mieux valoriser les vins. On se ferme un certain nombre de marchés entrée-de-gamme, il faut l'assumer : on perd des volumes, c'est un fait », a expliqué Denis Guthmüller, secrétaire général.

Côté commercialisation, le suivi des ventes en GMS France confirme le lent déclin des volumes vendus en rouge dans les appellations CDR et CDR villages, « signe probable d'une tendance durable à leur déconsommation ». Cette couleur représente encore respectivement 89% et 98% des volumes vendus sur ce circuit.

A l'export, l'heure n'est pas à l'euphorie non plus, avec des « situations contrastées selon les marchés ». Globalement, sur le 1er trimestre 2019, les volumes expédiés baissent mais les valeurs progressent. « Ce circuit ne se porte pas trop mal mais il est probable qu'il ne compense pas les baisses de la GD, un circuit qui pèse dans les volumes écoulés », a commenté Philippe Pellaton, président du syndicat.

Des prix soutenus pour les vins bio

Dans ce contexte « d'essoufflement » et afin de ne pas subir ces changements de consommation, les responsables professionnels ont invité les viticulteurs présents à se poser la question, pour l'avenir, de l'opportunité de diversifier leur production en produisant plus de rosés et de blancs, voire de vins bio ; cette campagne a en effet été marquée par une forte progression des prix moyens de ces derniers, tirés par une demande soutenue. Ainsi par exemple, les rouges en AOC Côtes-du-Rhône sont passés de 189€/hl à 227€/hl, soit +40€ en une campagne. En Côtes-du-Rhône villages, les transactions (+18%) et les prix progressent pour s'établir à 264€/hl, soit +50€/hl entre le début et la fin. «C'est une tendance lourde qui est bien présente », a indiqué Philippe Pellaton. « On a besoin de plus de volumes de vins bio sur le marché », a confirmé Denis Guthmüller.

« Il ne faut toutefois pas s'inquiéter, il n'y a pas d'alerte », a souhaité relativiser Philippe Pellaton à propos des ces différents « signaux faibles ». Les stocks à la propriété estimés pour la fin de campagne, d'environ 800000 hl en CDR régionale, ainsi que le volume disponible à la vente, d'environ 110 000 hl, sont « plutôt bas » et montrent qu'il n'y a pas de situation de « surstockage ». «Nous sommes loin des volumes de stocks de 2004 qui atteignaient 1,4 million hl, au moment où nous sommes rentrés en crise », a rappelé le président du syndicat.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé