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IGP

En Ile-de-France, la mixité a du mal à passer

Jeudi 04 juillet 2019 par Marion Sepeau Ivaldi

L'Ile-de-France sera-t-elle un jour comme ce paysage ? Plusieurs porteurs de projets s'opposent sur la gestion de la création d'une filière vin francilienne.
L'Ile-de-France sera-t-elle un jour comme ce paysage ? Plusieurs porteurs de projets s'opposent sur la gestion de la création d'une filière vin francilienne. - crédit photo : CC0 Creative Commons
Dans le cadre de la PNO de l’IGP Ile-de-France, deux organisations et deux entreprises s’opposent au projet de création de l’IG.

La création de l’IGP Ile-de-France, lancée en 2012, n’est pas un long fleuve tranquille. Dans le cadre de la deuxième PNO de l’IGP, la chambre régionale d’Ile-de-France, l’Anivin, la Winerie Parisienne et le Domaine de Davron ont manifesté leur désaccord sur le projet. Ces opposants militent chacun pour le développement de la catégorie vin de France dans la zone francilienne et apparaissent frileux quant à l’idée de la création d’une mixité de production. Le Comité national IGP qui se réunit ce 4 juillet devra trancher.

Pour la Chambre régionale d’Ile-de-France, « défendre une IGP semble prématuré compte tenu des volumes produits, et une contrainte non justifiée au regard du potentiel de production de la région ». Elle rappelle également l’existence de l’Association des viticulteurs et vinificateurs d’Ile-de-France (AVVI) qui porte une charte de bonnes pratiques visant à assurer la qualité des produits. Elle déplore que cette association n’est pas été consultée par l’ODG de l’IGP Ile-de-France (Syvif, Syndicat des Vigernons d’Ile-de-France). Et questionne l’actuelle délimitation géographique du projet de l’IGP Ile de France. Enfin, elle menace d’un « recours administratif » si le projet d’IGP était validé.

Menaces de suites judiciaires

La Winerie Parisienne et le Domaine de Davron (10 hectares de vignes plantés en 2017 et 2018) menacent également de suites judiciaires « à défaut de suites favorables » à leur opposition. Les deux entreprises remettent en question la délimitation de l’IGP, notamment l’exclusion du département des Yvelines et d’une partie du département du Val-de-Marne ainsi que l’exclusion de la commune de Davron. Ils motivent également leur opposition par le fait qu’ils n’aient pas été associés au projet de reconnaissance, ni consultés par Syvif qui, « dans des conditions qui demeurent inconnues, s’est présenté comme le représentant de la filière vitivinicole de la région Ile-de-France ». Ils pointent également du doigt la faiblesse des données techniques et économiques qui soutiennent le projet.

Détournement de notoriété du mot France

L’Anivin a également pris la parole. Contestant également le lien entre la zone géographique et les caractéristiques de l’IGP Ile-de-France, l’Anivin avance, entre autre, un argument pour le moins étonnant. Elle estime que la reconnaissance de l’IGP Ile-de-France porterait gravement atteinte aux intérêts de la catégorie « vin de France », en créant une confusion sémantique auprès des consommateurs et des acheteurs. « L’utilisation du terme « France » doit être réservée à la seule dénomination nationale Vin de France » écrit l’Anivin. Celle-ci déplore également que l’IGP va « entraver le libre développement des vins de la catégorie vin de France, la dénomination nationale française ; en restreignant les plantations nouvelles de vin de France sur les communes de la future IGP ».

Syvif répond point par point aux opposants à la création de l’IGP Ile-de-France. Il rappelle notamment que depuis son adhésion à la Confédération nationale des IGP, en 2012, « aucune organisation professionnelle ou interprofessionnelle viticole n’a exigé de consultation et d’être associée au projet d’IGP Ile-de-France ». Il rappelle également qu’il a obtenu le statut en tant qu’ODG en 2016. Il indique par ailleurs des échanges de mails et courriers avec la Chambre d’agriculture d’Ile-de-France ainsi qu’une rencontre avec les dirigeants de la Winerie Parisienne et du Domaine de Davron le 29 juillet 2015.

Le Syvif pointe également du doigt la difficulté à construire une mixité dans la zone francilienne. « Syvif a exposé clairement que l’AVVI se devait de reconnaitre l’existence de deux marchés distincts pour deux segments de produits, VSIG et IGP. Que ces produits sont non-concurrents par nature sauf à ce que des VSIG fassent usage de termes réservés au IGP voire aux AOP. Syvif a demandé sans succès véritable une place égale pour le projet d’IGP Ile de France actuel comme pour les VSIG ». Enfin, le Syvif réagit à la supposée préemption du mot « France » par le projet d’IGP, estimant notamment que « l’Anivin a objectivement préempté le mot France qu’elle a jouté à son nom et qu’elle prétend aujourd’hui réserver à elle seule ».

 

Contactés l’Anivin et la Winerie Parisienne se sont réfusées à tous commentaires avant le Comité vin. La Chambre régionale d’Ile-de-France n’a pas répondu aux mails envoyés par Vitisphere.

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