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Chaleur

La canicule fait des dégâts dans le Gard et l’Hérault

Samedi 29 juin 2019 par Marion Sepeau Ivaldi

Une grappe de carignan brûlée par la chaleur intense du 28 juin dans l'Hérault.Une grappe de carignan brûlée par la chaleur intense du 28 juin dans l'Hérault. - crédit photo : JD
L’épisode caniculaire de ces derniers jours a provoqué des dégâts dans le vignoble, desséchant les raisins.

« Je n’ai jamais vu çà ! » s’alarme rapporte Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Les fortes chaleurs de l’épisode de canicule n’a pas épargné les vignes. La chaleur intense (les températures ont dépassé les 40°C), les raisins se sont asséchés. « J’ai relevé 48°C dans mes vignes le 28 juin ! J’étais dans mes vignes le soir et j’ai vu apparaître des tâches de brûlure. Ce matin, 29 juin, les feuilles étaient recroquevillées, brûlées. Et les grappes se sont desséchées !» poursuit Jérôme Despey. Les dégâts sont particulièrement sévères sur le carignan. « J’ai des dégâts de 60 à 80 % de perte sur mes 6 ha de carignan » a constaté Jérôme Despey dans ses vignes. Pourtant, le cépage est l’une de variétés ancestrales du Languedoc, connu pour sa résistance à la sécheresse. Il est d’ailleurs rogné plus sévèrement que d’autres. Mais avec les fortes chaleurs, ce rognage a pu l’exposer davantage que d’autres cépages aux rayons brûlants du soleil.

Une cellule d’urgence va être mise en place, dès lundi 1er juillet, à la Chambre d’agriculture de l’Hérault, avec notamment pour mission d'évaluer les dégâts. « Nous ferons une visite avec les services de l’Etat » assure Jérôme Despey. La canicule a également touché les vignobles du Gard, département dans lequel le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, est attendu le 5 juillet. Il ne manquera pas, c’est certain, d’être sensibilisé aux dégâts.

Débat sur l’irrigation

Par ailleurs, l’épisode caniculaire relance la question de l’accès à l’eau. « Ce qui clair, c’est que l’eau est primordiale pour assurer la pérennité de la viticulture. Cet épisode le prouve à ceux qui doutent que l’eau n’est pas une vitalité » indique Jérôme Despey qui a pu constater dans ses vignes la différence entre des vignes non irriguées et celles ayant de l’eau. « Dans ces dernières, j’ai sauvé ma récolte ! ».  Et de marteler : « l’eau a le pouvoir de sauver la vigne ! ».

L’épisode pose également la question de la future récolte. Il y a encore deux bons mois à tenir. Comment des vignes ayant perdu une surface foliaire importante pourront-elles résister à l’été ? Juillet et août risquent de paraître très longs aux vignerons languedociens.

De quoi conduire Jérôme Despey à appeler le ministère de l’Agriculture à une certaine « décence en ne publiant pas les prévisions de récolte au premier juillet ! »

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