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Mercosur-Union Européenne
L'accord de libre-échange divise les bodegas argentines

Avec la perspective de négociations rapides, le vignoble d'Argentine craint une trop forte concurrence sur ses marchés de proximité, à commencer par le Brésil, sans un accès privilégié au Royaume-Uni, suite au Brexit.
Par Alexandre Abellan Le 28 juin 2019
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L'accord de libre-échange divise les bodegas argentines
Un pas en avant ou deux pas en arrière, la filière argentine hésite face à l'accord commercial UE-Mercosur. - crédit photo : Wines of Argentina
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n annonçant que la priorité de sa fin de mandat, s’achevant ce 31 décembre 2019, était d’achever une vingtaine d’années de négociations du traité de libre-échange entre l’Union Européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), la commissaire européenne au commerce, la suédoise Cecilia Malmström, a suscité à deux prises de position diamétralement opposése. D’une part l’association de promotion Bodegas de Argentina salue la perspective d’une rapide ouverture commerciale facilitant les exportations de ses membres. De l’autre côté, la Corporation Vitivinicole Argentine (Coviar, organisme public-privé) alarme sur l’ouverture d’un marché de proximité à un flot de vins concurrents.

Critiquant une différence de compétitivité (l’union européenne soutenant la promotion de ses vignobles à l’export, quand l’Argentine taxe ses produits exportés), la Coviar s’inquiète de la baisse des taxes sur les vins européens importés, qui passeraient de 20 à 0 % (quand les taxes européennes passeraient de 4 à 0 % pour les vins argentins). « Nous négocions avec le pays producteur de vins au monde, fortement subventionné, qui a à sa portée un marché de 125 millions d’hectolitres de vins. De la même manière, le Brésil est un marché plus petit en volume, mais de proximité pour nous et dans lequel la part des vins importés ne cessent d’augmenter » argumente Carlos Fiochetta, le directeur de la Coviar dans les colonnes de Los Andes.

L’inconnu du Brexit

Alors que des sceptiques demandent une étude sur les impacts d’un accord de libre-échange, la crainte d’un saut dans l’inconnu est au cœur des divisions de la filière argentine. En matière d’incertitudes, les modalités de départ du Royaume-Uni de l’Union Européenne poussent les opérateurs argentins les plus réticents à demander un ralentissement des négociations. La Grande-Bretagne étant le premier marché européen des vins argentins (comptant pour plus de la moitié de leurs expéditions), sa sortie du périmètre de l’accord le rendrait encore plus déséquilibré pour eux.

« Le Chili a déjà un accord de libre-échange et il n’est pas inondé de vin » réplique avec finesse Bordegas de Argentina dans Perfil. L’association de promotion affirmant son ambition sur les pays européens non-producteurs de vins (de l’Allemagne au Benelux, sans se limiter au Royaume-Uni), tout en soulignant les avantages concurrentiels du vignoble chilien (qui ne connait pas la crise où la filière argentine se débat).

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