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Les préconisations de la SRDV

Qu'en est-il de l'assimilation minérale en Languedoc ?

Dimanche 23 juin 2019 par SRDV
Article mis à jour le 25/06/2019 12:05:01

Qu'en est-il de l'assimilation minérale en Languedoc ?
- crédit photo : Pixabay

Les stades boutons floraux séparés et floraison

              Le stade Boutons Floraux Séparés marque pour la vigne la fin du fonctionnement sur ses réserves et l’indépendance complète de l’assimilation minérale des racines. L’analyse pétiolaire à ce stade a permis de commencer à caractériser le fonctionnement de l’assimilation du millésime, afin d’anticiper le plus rapidement possible les besoins de la vigne pour permettre un bon développement végétatif et une bonne activité photosynthétique.

Ensuite, le stade Floraison permet une lecture intéressante et précoce sur l’azote, le phosphore et les oligo-éléments comme le fer, le manganèse et le bore. Ce stade permet aussi d’évaluer les niveaux de calcium et de prévoir des traitements lors de la formation et du grossissement des raisins.

Des conditions difficiles en ce début de millésime 2019

            Suite à un millésime 2018 qui avait été particulièrement pluvieux et avait « rechargé les stocks », 2019 s’annonce comme le plus sec depuis sept ans, avec un fort déficit de pluviométrie. Aujourd’hui, la surface du sol s’assèche et la disponibilité des éléments se trouve limitée.

         D’un autre côté, les températures douces de février et mars ont favorisé un débourrement précoce, avec 15 jours d’avance sur 2018. Puis la fraîcheur des mois suivants, couplée à l’assèchement des horizons de surface, a fortement limité l’activité microbiologique des sols, donc la minéralisation des éléments à partir de la matière organique. Cela impacte directement le développement végétatif, qui ne suit pas l’avancée des stades phénologiques, avec 5 jours de retard par rapport à l’année dernière.

              Par ailleurs, les pluies de ces derniers jours en plus de la hausse des températures vont permettre une reprise de la minéralisation et induire une reprise de la croissance végétative. Pendant la floraison, cela risque d’occasionner de la coulure.

Des assimilations exceptionnellement basses et une photosynthèse au ralenti

 

 

         Justifié par les conditions climatiques, tous les éléments majeurs, sans exception, sont très peu assimilés.

Cela se traduit par un jaunissement global des vignes, une croissance lente. Pour les cépages sensibles, des fenêtres sont visibles car certains bourgeons n’ont pas été suffisamment alimentés pour se développer.

         L’induction florale risque d’être impactée pour l’année prochaine vu les difficultés d’assimilation azotée. Dans ce contexte de faible développement végétatif, le point positif reste les températures modérées au cours de la floraison qui n’ont pas engendré de forte croissance végétative à ce moment, qui aurait pu conduire à une coulure assez massive. Cependant, les stades sont hétérogènes au sein des parcelles, voire même au sein des grappes, ce qui risque d’engendrer plus tard des décalages de maturité.

         Attention aux parcelles historiquement sensibles au Botrytis, à l’éclatement ou au flétrissement, pour lesquelles la pulvérisation ou fertirrigation de calcium au cours du grossissement de la baie est conseillée.

Des oligo-éléments plutôt bien assimilés, sauf le fer...

         L’assimilation en fer reste très basse et cela se traduit pas une baisse de l’activité photosynthétique. Le fer est un élément majeur dans l’amélioration de la maturation et des rendements. En parallèle, sur sols calcaires, le niveau de manganèse a tendance à être assez faible et peut lui aussi limiter la photosynthèse. Sur sol acide en revanche, le manganèse est fortement assimilé.

         Le bore est à nouveau bien assimilé cette année, les apports systématiques ne sont donc pas justifiés.

         Du fait de la faible pluviométrie, les niveaux de sodium en ce début d’année sont particulièrement élevés. Certaines parcelles sensibles peuvent être affectées par un niveau de salinité trop important.

 

L’installation d’un feuillage a été difficile en début de cycle. Cela va jouer négativement le fonctionnement des plantes et cette situation nécessite dans de nombreux cas des corrections.

Une faible assimilation azotée va impacter l’induction florale pour l’an prochain.

La situation reste donc complexe et le manque d’eau risque de marquer fortement la suite du millésime, même si les températures venaient à remonter.

 

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