LE FIL

La pertinence face aux gardiens du temple

Vendredi 14 juin 2019 par Marion Sepeau Ivaldi

Presque tout a été écrit sur les millenials, une cible de consommateurs qui a fait gamberger les plus grands marketeurs du monde. A être zappeurs, à être jamais là où on les attend, à adopter des usages ou des codes en un claquement de doigt, à affirmer leurs convictions, à ne pas s’encombrer de dogmes,… Ils bousculent ! Et, leur parler, c’est rentrer dans un univers où les certitudes des gardiens du temple sont forcément contredites. Le vin est frileux à se convaincre de s’adapter à ces attentes consommateurs. Et forcément, quand certains s’y risquent, c’est à coup sûr, s’exposer à la vindicte d’une partie de la profession. La canette est une impie, le vin bleu une créature odieuse…. L’acte II de la campagne publicitaire des Vignerons de Champagne ne fait pas exception à la règle et en raidit plus d’un. Avec son donut rose bonbon, ses chouquettes, sa quiche lorraine et son gigot sous cellophane, elle secoue, ébranle, elle marque les esprits. A tel point, que les détournements du visuel s’en donnent à cœur joie avec plus ou moins de justesse et d’élégance (pourtant la marque de fabrique de la culture champenoise…). Cet acte II, qui va plus loin que le premier acte dans la volonté de casser les codes, a pourtant la pertinence de parler de la vraie vie des millenials et d’autres consommateurs. Car les frontières du luxe et de la grande consommation sont devenues floues. Le bonheur des moments simples, sans extravagance associant produits haut de gamme et petits rien, est monnaie courante. Il colle en effet parfaitement à la nécessité des consommateurs d’arbitrer dans leurs actes d'achats tout en préservant leur portefeuille. Encore faut-il le comprendre.

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé