LE FIL

Dégustation parisienne

Le négoce bourguignon veut élargir son public

Jeudi 13 juin 2019 par Isabelle Bachelard

Pierre Gernelle, directeur de l'UMVGB a rappelé les spécificités des négociants-éleveurs qui ont façonné la Bourgogne à la fois vinificateurs, sélectionneurs-acheteurs et éleveurs. Ils jouent un rôle central dans la production locale et sa commercialisation.
Pierre Gernelle, directeur de l'UMVGB a rappelé les spécificités des négociants-éleveurs qui ont façonné la Bourgogne à la fois vinificateurs, sélectionneurs-acheteurs et éleveurs. Ils jouent un rôle central dans la production locale et sa commercialisation. - crédit photo : Isabelle Bachelard
L’Union des Maisons de Vins de Grande Bourgogne veut faire évoluer l’image de la Bourgogne. Le 3 juin, 26 représentants sont venus à Paris pour animer une dégustation professionnelle et une table ronde avec la presse grand public.

Plus de 110 personnes se sont rendues dans les salons de l’hôtel Ritz le 3 juin à l’invitation de l’UMVGB, l’Union des Maisons de Vins de Grande Bourgogne, la section régionale de la FNEB, Fédération des Négoicants-Eleveurs de Grande Bourgogne.

Pour la dégustation de 1ers et grands crus, l’objectif est atteint puisque la FNEB cherchait une cible de professionnels plus parisienne que celle présente en région dans le cadre des Grands Jours de Bourgogne, grands sommeliers, belles tables, cavistes, distributeurs. Plusieurs dégustateurs ont souligné que les dégustations de vins aussi prestigieux, avec autant d’appellations, grands crus, et meilleurs premiers crus étaient trop rares à Paris, et cela a été particulièrement apprécié. Pour le grand public, l’idée était de faire savoir qu’il y a en Bourgogne une majorité de vins très abordables : les grands crus représentent moins de 2%, les 1ers moins de 10%, tous partent principalement à l’export. Même si le bio ne représente que 7% du vignoble, le négoce est de plus en plus vert et accompagne les viticulteurs dans leur conversion.

Jeune négociants

Sur les 98 membres de l’Union, 26 Maisons sont venues à Paris, dont les plus jeunes recrues comme Laurent Delaunay parti en Languedoc créer la marque Les Jamelles et revenu comme négociant (Edouard Delaunay) ainsi que Laurent Ponsot, qui a quitté le domaine familial Ponsot pour créer sa maison de négoce. A côté étaient des piliers comme Laroche et Brocard à Chablis, Louis Jadot et Joseph Drouhin ainsi que des marques plus récentes comme Jean-Philippe Marchand à Gevrey-Chambertin.

Stabilité à l’export, baisse en France

Pierre Gernelle, directeur général de l’UMVGB et de la FNEB a rappelé les spécificités des négociants-éleveurs qui ont façonné la Bourgogne à la fois vinificateurs, sélectionneurs-acheteurs et éleveurs. Ils jouent un rôle central dans la production locale et sa commercialisation, grâce à leur réseau de distribution international. Mais aussi d’autres régions puisqu’ils ont diversifié leurs fournisseurs en l’ouvrant à l’ensemble de la Grande Bourgogne et au delà, grâce à des acquisitions en propre dans le reste de la France et à l’étranger. Sur un CA de 1,6 milliard (dont 68% à l’export), 60 % se fait hors Bourgogne. Face à la hausse du foncier, les maisons trouvent des alternatives, fermage, métayage et association avec des structures financières. « L’export va bien, pas de signaux négatifs liés au président Trump ou au Brexit » précise Pierre Gernelle. Les Etats-Unis, la Grande Bretagne et le Japon demeurent les premiers marchés. Les prix ont monté depuis 2012 à cause d’accidents climatiques et de la demande mondiale. Il se maintiennent dans les appellations communales et au dessus puisque la demande reste forte et que les surfaces ne peuvent pas augmenter. En France, les ventes ont fléchi de 10% des ventes depuis le début de l’année. « On espère que c’est conjoncturel, que c’est la suite des gilets jaunes qui a impacté la restauration. Moins sûr que cela reparte en GMS » conclut Pierre Gernelle.

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