LE FIL

Etincelles

Cet intercep électrocute les mauvaises herbes

Mercredi 05 juin 2019 par Vincent Gobert
Article mis à jour le 07/06/2019 09:19:22

La vitesse d’exécution s’étale sur une plage allant de 1 à 5 km/h.La vitesse d’exécution s’étale sur une plage allant de 1 à 5 km/h. - crédit photo : Vincent Gobert
Zasso montre en exclusivité un intercep électrique. Lors la journée au champs qu’il organise en Allemagne, il fait la démonstration de l’outil en dynamique.

Après le manuel, le chimique et le mécanique, voilà l’électrique ! Sous un ciel lourd et orageux, Zasso montre pour la première fois un outil électrique de désherbage intercep. Le dernier né de l’entreprise a été présenté ce mardi 4 juin lors de son « Zasso field day » à Aix-la-Chapelle, en Allemagne. Le principe et la technique de l’outil intercep demeurent. Mais en lieu et place de l’action de scalpage, de retournement du sol ou de binage, c’est une « électrocution » qui a lieu !

Attelé à l’avant du tracteur, sur son passage, deux anodes et une cathode forment un circuit brûlant les herbes au contact de ces trois groupes de lames métalliques. Pas moins de 6 000 volts - et moins de 0,5 ampère - sont envoyées sur une largeur variant de 50 à 30 centimètres lorsque le groupe extérieur s’efface au contact du palpeur contre le cep. Mais la démonstration s’est faite sans jus et sur une vigne factice représentée par une rangée de piquets. Le but de Zasso était surtout de montrer le prototype, sorti de ses bureaux de R&D il y a à peine un mois. Le modèle grandes cultures est, lui, plus avancé : une démo a été réalisée en conditions pouvant s’approcher de la réalité.

Etincelles

Le résultat est spectaculaire. La démonstration qui a été effectuée par la version 2 de l’outil destiné aux grandes cultures a fait des étincelles. Sur 3 mètres de large, les 3 rangées de lanières « électrocutent » les herbes. Les battants relevés de l’outil ont permis de voir les multiples arcs électriques formés par les chocs sur les adventices. Pour les dizaines de participants à ce « Field day », la surprise de voir ce spectacle semble être à la hauteur du choc culturel qu’il représente. Les étincelles étaient aussi dans leurs yeux. Il a suffi de se pencher sur les herbes pour s’apercevoir que les cellules des adventices avaient explosé. Une odeur de brulure de végétaux verts pouvait aussi être sentie. Puis la couleur des adventices passe rapidement au vert foncé. Rapidement, les questions fusent de toutes parts. Les plus pressés demandent prix et disponibilité. A cela, il leur a été répondu que l’intercep n’a pas encore de tarif attribué et qu’il sera d’abord en essai en Allemagne puis dans le Bordelais en septembre avec l’Institut Français de la Vigne et du Vin, puis en Champagne.

"Peu d'impact"

Viennent les questions techniques. Et mêmes zoologiques : quid de l’effet sur la faune du sol ? Beaucoup de viticulteurs s’interrogent. « Très peu d’impact » peut-on entendre chez le constructeur. « Pas vraiment d’impact sur les vers de terre », ajoute Arvalis qui a testé l’outil grandes cultures, dans une conférence qui se déroulait l’après-midi. Zasso profitera des expérimentations 2019-2020 pour développer ses observations sur ces impacts.

 

Il ne reste plus qu’à attendre la commercialisation, provisoirement donnée d’ici 2020 ou 2021. L’année de l’interdiction annoncée du glyphosate en France.

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FizzyLuciole Le 05 juin 2019 à 11:50:58
Terre, attention danger !! Comment envisager une seule seconde l'absence d'ondes de choc dans le sol, la faune et la flore environnante. Quelle sera la qualité des récoltes observée au microscope, je doute fort que la structure moléculaire n'en fasse pas les frais et notre santé avec. Tout ce qui brille n'est pas or. Gare aux apprentis sorciers et à leurs effets baguette magique. Bien à vous.
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