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Chine

Succès pour la première de la World Bulk Wine Exhibition Asia

Vendredi 31 mai 2019 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 06/06/2019 18:11:48

25 euros/hl. Le prix du cabernet sauvignon le moins cher et le plus inattendu du premier salon World Bulk Wine Exhibition Asia.
25 euros/hl. Le prix du cabernet sauvignon le moins cher et le plus inattendu du premier salon World Bulk Wine Exhibition Asia. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Ce 30 mai, la version asiatique du salon d’Amsterdam dédié aux vins en vrac du monde entier a ouvert ses portes à Yantaï (Chine). Environ 140 exposants s’y sont donnés rendez-vous.

Yantaï, 30 mai. Dans les allées de la World Wine Bulk Exhibition, les visiteurs sont nombreux, les stands pleins d’acheteurs potentiels. Le salon accueille environ 140 exposants venus du Chili, d’Argentine, d’Italie, d’Espagne, de Moldavie, d’Australie, d’Afrique du Sud et de France… En tout, ce sont 20 pays producteurs qui sont représentés pour 208 entreprises coopératives et wineries. Tasting room, master class et conférences font le contenu d’un salon qui attire toujours plus de monde dans cette ville portuaire de l’Est de la Chine connue pour son activité autour du vin. Et particulièrement celle du vrac : 80 % des vins en vrac importés en Chine y transitent. Le pays a importé pour 176 millions de litres de vins en vrac en 2018.

Prix

Aux dires de nombreux exposants : la première journée a été tout à fait intéressante et satisfaisante. Leur ressenti se recoupe. Les acheteurs chinois sont en quête de prix. Et l’origine chilienne et espagnole séduit, les deux pays ayant signé de gros contrats dès la première journée. Question profils, ce sont les vins à haut degré d’alcool qui ont leur préférence. Une bonne intensité colorante attire aussi leur attention. Deux caractéristiques qui leur permettront d’améliorer les vins domestiques par assemblage. Question arôme, le fruit, faible amertume et faible présence de tanins forment le trio gagnant pour plaire aux palais des acheteurs.

La présence des vins moldaves est certainement ce qui fait le plus parler sur le salon. Bien visible avec l’un des plus grands pavillons (à surface identique avec celui argentin), la délégation moldave est venue en force. Les vins ont de quoi séduire les acheteurs chinois en quête de prix. A 35 euros/hl le cabernet sauvignon, l’origine moldave est sans doute l’offre la plus alléchante du salon. Ce prix bas est certainement lié à la récolte 2019 très volume, la plus importante de ces 10 dernières années (1,9 million d’hl). Mais même s’il est conjoncturel, les Chiliens et Espagnols savent qu’ils doivent désormais composer avec ce nouveau challenger, qui pourrait rebattre les cartes du marché vrac dans les années à venir. La qualité des produits est, aux dires de plusieurs opérateurs, tout à fait alignée avec les attentes du marché.

"Diminuer la part du vrac"

Le vrac représente 65 % de l’export des vins moldaves. Le pays, via son organisme de promotion semi-public qui soutient la marque « Wine of Moldavia », cherche à développer les vins en bouteille. Sans succès pour le moment. « Nous cherchons à diminuer la part du vrac de nos exportations. Mais la tendance est à la croissance de ce marché, notamment sur une offre de vins de qualité. Par ailleurs, nous ne pouvons pas vendre tout notre vin en vrac » commente Andrian Diglean, expert marketing de l’Office national des raisins et des vins moldaves.

Offre française

Dans ce contexte de concurrence, comment se démarquer avec des vins français positionnés en haut de l’échelle du marché du vrac ? Pour Vinadeis, c’est la patience qui est de mise. « Notre but est de trouver des opérateurs que nous fidélisons et avec qui nous sommes en mesure de construire un relationnel sur le long terme » explique Julie Fernandez, responsable commercial chez Vinadeis. Par ailleurs, le groupe peut faire la différence avec ses services. « Notre offre d’embouteillage et notre service marketing de création de marques est un plus, permettant d’offrir aux clients chinois acheteurs de vrac un service de transition en attendant qu’ils soient en mesure d’assurer eux-mêmes ces opérations » précise-t-elle.

Chez Anagram, on mise sur la diversité de l’offre, en proposant de l’origine française mais aussi chilienne. Si l’entreprise n’a jamais exporté de vin français en Chine, elle a une connaissance du marché via son offre chilienne. En 2019, elle a produit 10 000 hl au Chili (dont 3000 hl en propre et 7000 via des activités de négoce). « Nos vinificateurs ont passé un mois là-bas pour conduire les opérations » précise Sabastien Bouvet-Labruyère. De quoi imprimer la pâte Anagram dans les styles de vin : l’entreprise compte en effet changer d’image et passer de savoir-faire d’assembleur à celui de vinificateur. Question prix, la société positionne les vins chiliens 30 % que son offre française.

Enfin, Ciatti note que le marché chinois évolue et que, même si les prix bas ont la côte, « c’est le seul marché au monde qui accepte les vins premiums en vrac. Les acheteurs sont réceptifs à des qualités supérieures avec un élevage plus long » constate Florian Ceschi, qui souligne la très bonne fréquentation du salon. Selon ce dernier, le salon pourrait jouer un rôle dans l’organisation de la distribution des vins en vrac en Chine. « Le marché est tenu par des gros opérateurs qui revendent à des structures plus petites. Or sur le salon, nous avons justement rencontré des opérateurs de petite taille que nous ne connaissions pas ».

Bio

Il n’y a pas que la France, la Californie et l’Italie qui jouent sur le haut du marché. Si l’offre chilienne est massivement orientée sur le bon rapport qualité/prix avec des vins peu amers et peu tanniques, certains cherchent en effet à se démarquer de cette proposition. C’est le cas de Probulkwine, co-fondé par Sebastian San Martin, propose des vins chiliens et argentins bios. « Nous offrons des vins plus chers que l’offre classique chilienne mais avec une qualité supérieure » explique-t-il, tout en précisant travailler à convertir une partie du vignoble en viticulture biodynamique et n’excluant pas d’exporter cette future offre en vrac. La réaction des premiers visiteurs du salon est de la curiosité mais certains s’éloignent vite, la question du prix restant un élément déterminant pour les acheteurs chinois…

 

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