LE FIL

Haut devis des Charentes

Vendredi 31 mai 2019 par Alexandre Abellan

Dans la communication comme la négociation, ce ne sont pas les éléments mis en avant qui sont les plus importants. En témoigne le dernier communiqué du Bureau National Interprofessionnel de Cognac (BNIC), qui annonce les décisions prises concernant le potentiel de production charentais. Fixant les rendements pour les vendanges 2019 et 2020, l’interprofession souligne avec insistance la puissance de son outil prédictif des besoins commerciaux : « le Business Plan ». Une boîte noire mystérieuse, qui permet de calculer glisser au passage les prochains besoins en plantations du vignoble : 3 398 ha pour les deux années à venir. Inhabituellement précoce, cette annonce s’inscrit dans le long terme pour convaincre les autres bassins viticoles de la pertinence de cette croissance soutenue (250 ha demandées en 2016800 ha en 20171 500 ha en 2018 et 3 474 ha en 2018). Ces nouvelles autorisations de plantation représenteraient une hausse globale de +8 % du vignoble de Cognac. Un volume non négligeable quand le plafond national est fixé à 1 %.

Pour ses promoteurs, le Business Plan permet de pérenniser les succès et records à l’export, tout en conservant garde-fous alertant en cas de revirement des marchés. Pour les sceptiques, une crise viticole devient inévitable avec cet emballement, et la contractualisation du négoce ne sera pas un filet de sécurité suffisant pour éviter un afflux de vins blancs déstabilisant les autres vignobles. Pour convaincre les récalcitrants, l’interprofession de reprend son prêche. Et moins sur l’appétit que représente son haut devis que sur la sureté des marchés de son eau-de-vie. La communication et la négociation sont déjà en ordre de bataille à Cognac.

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