LE FIL

Passé de courtier

Avant d'être dessinateur, Sempé était... fraudeur de grands crus de Bordeaux

Dimanche 02 juin 2019 par Alexandre Abellan

Avant d’acquérir la finesse et l’élégance qui font sa marque de Paris Match au New Yorker, Sempé a fait ses premières armes de dessinateur sur les bons de commandes des courtiers de Bordeaux assermentés.Avant d’acquérir la finesse et l’élégance qui font sa marque de Paris Match au New Yorker, Sempé a fait ses premières armes de dessinateur sur les bons de commandes des courtiers de Bordeaux assermentés. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Célèbre croqueur du quotidien, l’artiste dévoile sa jeunesse bordelaise à l’occasion d’une vaste exposition rétrospective au nouveau Musée de la Mer Marine.

Les habitués des facéties du Petit Nicolas ne seront pas surpris outre-mesure : adolescent bordelais, Jean-Jacques Sempé était un livreur pour le moins dissipé pour le courtier en vins Giovetti. Continuant son habitude de collégien de dessiner dans les marges, il truffait de croquis les bons de commandes et papiers à en-tête de son employeur (voir photo ci-dessous).

Mais son emploi « mal payé » n’aura pas duré, Sempé ayant été renvoyé « après plusieurs erreurs tragiques [d’assemblages,] il donnait à un vin médiocre des qualités de grand cru classé » rapporte Martine Gossieaux, la commissaire de l’exposition temporaire Sempé en liberté qui vient d’ouvrir au Musée de la Mer Marine de Bordeaux (jusqu’au 6 octobre prochain).

"Je piquais du vin"

« J’étais livreur, mais je faisais quand même des mélanges… » se souvient Jean-Jacques Sempé dans le livre d’entretiens Sempé, Itinéraire d’un dessinateur d’humour (éditions Martine Gossieaux). « Et je piquais du vin » avoue-t-il avec malice, expliquant que « le courtier prélevait, chez les propriétaires, des échantillons. Et moi, de temps en temps, je prélevais mes propres échantillons pour les mettre dans une demi-bouteille et les vendre. » S’agissant de grands crus classés, l’opération de marché noir semblait fructueuse.

Parmi les 300 dessins de Jean-Jacques Sempé exposés à Bordeaux, la première vitrine conserve ses croquis de jeunesse. Souvenirs d'une origine bordelaise dont l'artiste n'hésite pas à se revendiquer avec humour :

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