LE FIL

Provence

Le vignoble affûte sa stratégie pour accompagner la croissance

Mardi 28 mai 2019 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 04/06/2019 15:27:28

Accompagner le succès par la croissance du vignoble, la transition écologique et l'image : tel est le projet de l'interprofession.
Accompagner le succès par la croissance du vignoble, la transition écologique et l'image : tel est le projet de l'interprofession. - crédit photo : Creative Commons CC0
Les rosés de Provence ont connu un développement en flèche ces dernières années. L’interprofession présente un plan pour accompagner cette croissance.

Ne pas s’endormir sur ces lauriers et surtout savoir gérer le succès. Tel est le projet de l’Interprofession des vins de Provence. Réunissant la presse ce 28 mai, le président du Centre interprofessionnel des vins de Provence (CIVP), Jean-Jacques Bréban explique : « les prix sont en hausse. Il ne faudrait pas que l’on décroche ou que les marchés considèrent que nos vins sont inatteignables et aillent s’approvisionner ailleurs ». Car, un décrochage pourrait remettre en cause cette success story, qui s'illustre par une croissance du vignoble : les côteaux varois sont passés de 2 700 à 2 850 hectares entre 2017 et 2019, les coteaux d’Aix de 4 000 à 43 000 hectares (sur la même période) et les Côtes de Provence de 20 000 à 20 200 hectares (sur la même période). Le CIVP précise qu'une extension de 750 ha est prévue de 2017 à 2021 (avec 100 ha pour les Coteaux Varois en Provence, 200 ha pour les Coteaux d’Aix en Provence et 450 ha pour les Côtes de Provence).

Croissance du vignoble

Pour accompagner le développement du vignoble, Jean-Jacques Bréban propose de continuer à développer le potentiel de production à un rythme de 300 hectares par an. « Si nous n’approvisionnons pas le marché, la concurrence récupèrera les circuits de distribution que nous ne fournirons pas » prévient-il, celui qui pense qu’il ne faut pas restreindre trop rigoureusement la croissance du marché. « Désormais, le rosé se consomme toute l’année » remarque-t-il.

Transition environnementale

Cette croissance du potentiel doit s’accompagner d’une implication dans la transition écologique. Il s’agit notamment d’un développement du bio et de la HVE avec pour objectif 60 % du vignoble en HVE en 2024 et 100 % en 2030. La croissance du vignoble pourrait aussi avoir un effet environnemental sur la protection des incendies. En secteur boisé, l’implantation de vigne joue un rôle de pare-feu naturel. « Les vignes pourraient être implantées dans le foncier en friche et dans les secteurs boisés » estime Jean-Jacques Bréban. Par ailleurs, qui dit croissance, dit augmentation des besoins en irrigation. Pour ce faire, un plan de développement est prévu et doit concerner 20 000 hectares. Enfin, le CIVP planche sur l’innovation variétale avec l’étude des cépages autochtones (rosé du Var, grenache gris, clairette rosée…), l’introduction du caladoc et le développement des cépages résistants idéotypes du rolle et du cinsault.

Nouvel évènement professionnel

Troisième axe de la stratégie du CIVP : la communication. « Nous avons décidé la montée en gamme de nos actions. Si on est premium, il faut trouver d’autres arguments pour définir la Provence ». L’interprofession lance en juin 2020 des festivités où elle compte accueillir entre 800 et 1000 professionnels pour leur faire découvrir les vins et le vignoble. « Marseille sera un grand hub pour montrer tout ce qui fait la Provence ! »

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé