LE FIL

Aveyron

S’investir ou investir dans une petite appellation : pourquoi pas vous ?

Vendredi 31 mai 2019 par Anne Schoendoerffer

Avis aux investisseurs ou aux jeunes ayant envie d'aventure : l'AOC Côtes de Millau veut accueillir des vignerons.
Avis aux investisseurs ou aux jeunes ayant envie d'aventure : l'AOC Côtes de Millau veut accueillir des vignerons. - crédit photo : Anne Schoendoerffer
Un retraité cherche un jeune vigneron ou un investisseur au sein de la petite appellation de 60 ha en AOC Côtes de Millau. L’outil de production est en place.

Début des années 1980, si je n’avais pas réussi à sauver la cave coopérative, il n’y aurait plus d’AOC côte de Millau. La cave a été mal pensée et il ne savait pas faire le vin” pose Alain Montrozier, ce jeune retraité sur le papier seulement. Dans la vraie vie, l’homme se bat, comme depuis plus de 3 décennies, pour la cave coopérative en devenir, son appellation et les incroyables caves séculaires de son petit village dans l’Aveyron, situé à 5 mn de Millau, à Compeyre. “En 1982, quand Midi Libre a fait un papier sur moi avec comme titre : “remonter les côtes de Millau”, tout le monde m’a raillé” raconte Alain. Peu importe.

"Il y a largement de la place pour accueillir d’autres adhérents"

Il a pris son bâton de pèlerin et fait fonctionner les réseaux aveyronnais à Paris. En 1 an, il a inversé la vapeur. Le bilan est passé -75 000 € à 30 000 €. Il trouve ensuite les financements (2,5 millions d’€) pour monter un comptoir paysan et un nouvel outil de production. Aujourd’hui, ce lieu moderne et chaleureux rassemble une boutique de vente de vin et produits locaux, un restaurant ouvert lors de la saison touristique, un coopérative de fruits et une très grande cuverie où chaque adhérent à ses cuves. “Il y a largement de la place pour accueillir d’autres adhérents”. L’espace est grand, les cuves aussi. Il manque donc le vigneron.

Les projets d’Alain sont clairs : “on cherche un jeune qui est bosseur et qui n’a pas peur de se retrousser les manches. Mais il faut que financièrement, il ait les reins solides. Les 4 premières années, il ne pourra en vivre”. Car, sur cette AOC, qui compte quelques 60 ha, (30 appartiennent à une cave particulière, le reste à la future ex cave coopérative qui est principalement active grâce à 3 jeunes), il y a pas ou peu de vignes à vendre. Il faut donc planter et investir : “10 000 €/ha pour la plantation et le foncier sera loué”. Alain a tout prévu pour cela. Il a travaillé pour avoir des zones agricoles protégées. Les plantations sont possibles. Cabernet-sauvignon, gamay, syrah en rouge et rosé. Chenin et mauzac pour les blancs.

"Moi, je vois plutôt des investisseurs arriver "

L’autre solution : un investisseur ou le financement participatif ? Alain n’est pas contre. Olivier Jullien, emblématique vigneron du Languedoc et ami d'Alain Rozier, le soutien. Lui, il a investi fin 2015 avec son ami d'enfance, 4 ha de vigne en Aveyron, sur une autre dénomination. Il croit en Alain et ses projets, en l'Aveyron, mais son regard est différent : “moi, je vois plutôt des investisseurs arriver que des jeunes. Il faut des moyens. Ce sont les moyens qui permettront de prendre un raccourci. Après cela n’empêche pas que des jeunes du sérail, fassent un chemin dans leur tête”. A savoir, reprendre les terres d’un aïeul. L’Aveyron reste l’Aveyron. Il ajoute : “il faut que le vignoble retrouve déjà une surface et une dynamique qui lui revient de droit”.

Une Cuma de vinification

A l’heure du réchauffement climatique, l’Aveyron, est-il un terroir d’avenir ? Pour Olivier Jullien, la question ne se pose pas dans ces termes. Pour Alain, oui. Il y croit. Oui, il veut et il peut accueillir, des jeunes ou des investisseurs au sein de la coopérative qui va incessamment changer de statut pour devenir une “winery”. Comme le précise Alain, “on ne parle pas wineries à la californienne”. Il s’agit d’une Coopérative d'Utilisation de Matériel Agricole (CUMA) qui n’a plus rien à voir avec le statut de la cave coop. Seul le matériel est acheté et géré en commun. Pour élever et faire vieillir les vins, Alain a le lieu idéal, juste à côté dans le village perché de Compeyre : plus de 200 caves ancestrales, véritables climatiseurs naturels, reprennent vie grâce à lui. Alors, si ce terroir et son riche passé viticcole, vous appelle,  partez à la découverte de l’AOC Côtes de Millau et d’Alain Monrozier.

 

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