LE FIL

Objectif partagé

Filière vin et ministre de l’Agriculture au diapason de la réduction phyto

Jeudi 23 mai 2019 par Alexandre Abellan

Ce 23 mai, Didier Guillaume recevait rue de Varenne les représentants des interprofessions des grandes cultures, des fruits et légumes… et du vin.Ce 23 mai, Didier Guillaume recevait rue de Varenne les représentants des interprofessions des grandes cultures, des fruits et légumes… et du vin. - crédit photo : Ministère de l'Agriculture
Suivant la mise en application du plan de filière, une réunion ministérielle a permis de réaffirmer la volonté partagée par le gouvernement et les professionnels de réduire l’usage de tous les pesticides.

En matière de réduction des produits phytosanitaires, « nous sommes sur la même ligne et partageons les mêmes enjeux » résume Jean-Marie Barillère, le président du Conseil Comité National des Interprofessions des Vins (CNIV), à l’issue de la réunion de suivi, ce 23 mai, avec le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume. Réunissant les interprofessions françaises pour faire le point sur le déploiement des plans de filière, rendus il y a plus d’un an, le ministère a voulu s’assurer que la dynamique de sa loi Alimentation perdure. Notamment en ce qui concerne la réduction des pesticides, afin de répondre aux consommations alimentaires à venir. Ce défi est bien partagé par l’agriculture français, mais moins pour des raisons politiques qu’une réalité économique. « La pression est très claire aujourd’hui, et sera plus forte demain. Les marchés nous demandent d’être moins dépendants des phytos et les clients veulent des vins produits différemment, selon des critères de respect de l’environnement et du climat » témoigne Jean-Marie Barillère. Qui souligne l’élan donné par cette nécessité de transition environnementale : « quand on n’a pas le choix, les choses avancent très vite ».

Aider le mouvement

N’étant pas rentré dans le détail du déploiement de chaque plan de filière*, cette réunion d’étape a permis à Jean-Marie Barillère de souligner les efforts du vignoble : « tout va très vite dans nombre de régions. Des aides permettent l’accélération du mouvement (via les fonds européens FEADER), il faut maintenant veiller à ce que chaque vigneron français soit sur le même pie d’égalité. » La demande a été faite au ministre, qui doit désormais démontrer qu’il peut aider à accélérer le mouvement.

 

* : Ni dans les éléments actés par la loi EGAlim, comme les chartes de voisinage qui doivent être en place dès 2020.

Rappel des engagements environnementaux pris par la filière vin en janvier 2018

« Nous souhaitons favoriser un environnement de travail préservant davantage la santé et la sécurité des travailleurs, salariés ou employeurs à la vigne et dans les caves. Nous voulons limiter l’exposition aux produits phytosanitaires avec comme engagement principal de ne plus utiliser d’ici à 5 ans des produits nécessitant le port d’équipement de protection individuelle aprèsles délais de réentrée (EPI).

Nous demandons que les Autorités Françaises ne renouvellent pas les Autorisations de Mise sur le Marché de ces produits

[…]

Nous visons à terme la sortie des produits phytosanitaires, sous réserve de trouver des voies alternatives fiables nous garantissant le maintien d’une production de qualité équivalente au niveau actuel.

La route que nous traçons pour les 5 ans à venir est la suivante :

- Dans chaque région vinicole, promouvoir, faciliter la certification des entreprises vitivinicoles, qu’elle soit HVE, Bio ou autres, avec un objectif de 50 % des exploitations certifiées HVE à 2025.

- D’ici à 3 ans, dans tous les vignobles, ne plus utiliser d’herbicides chimiques sur au moins 50% de la surface (hors vignobles en forte pente). A terme, un objectif de sortie des herbicides.

- De n’utiliser que des matériels de pulvérisation limitant la quantité de produits et les phénomènes de dérive (avoir renouvelé dans les 5 ans 66 % du matériel peu performant).

- De privilégier l’usage de produits phytosanitaires alternatifs.

- De modifier nos cahiers des charges d’indications géographiques afin de permettre un mode de conduite différent, économe en produits phytosanitaires, et, sur une partie de la surface des exploitations un encépagement avec de nouvelles obtentions résistantes aux principales maladies que sont le mildiou ou l’oïdium.

Les principales conditions de succès de tels engagements sont :

- Une aide à l’investissement au changement du parc de pulvérisateurs (coûts à quantifier).

- Une aide au changement de pratiques culturales par une subvention d’exploitation les 5 premières années.

- De rendre possible les modifications de cahier des charges.

- Un effort accru dans notre politique d’obtention de nouveaux cépages résistants aux maladies (coûts de ces programmes à quantifier). »

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Loic BRETON Le 28 mai 2019 à 14:36:23
Tous les pays viticoles sont entrain d'implanter des variétés résistantes . Le viticulteur pour maintenir son marché souhaite implanter des variétés résistantes similaires à leur variété emblématique. Cette création variétale existe en Europe mais ne convient pas à certains professionnels de la viticulture Française. Ils se permettent de bloquer pour n'importe quelles raisons le classement de ces variétés résistantes. Nous avons demandé au ministère de classer les variétés résistantes italiennes (inscrites au catalogue européen) depuis 2 ans . Nous sommes accompagnés par les Vins de Pays d ' OC . A ce jour pas de réponse !!! Les autres pays Européens les ont validés comme variétés autorisées à etre plantées. Pourquoi la France principale pays producteur de vins ayant comme première variété produite actuellement l' Ugni Blanc d' origine Italienne ne veut pas des variétés résistantes Italiennes. Nos ancetres qui ont introduit l Ugni blanc ou le Grenache ( origine Espagnol) ou le Carignan ( origine Espagnol) doivent bien rigoler ? Pourquoi le ministère ne veut pas classer définitivement les variétés Bouquet qui ont d'excellent niveau de résistance qui sont similaires à certaines variétés emblématiques ? Si vous prenez uniquement l ' avis de chercheurs ou de certains techniciens ils vous diront on attend et on peut faire mieux . Cela est normal ils sont en situation de monopole dans le cadre de la création variétale Française. Moralité on regarde les autres faire et on se fait prendre les marchés. Le Ministère expriment sa volonté de baisser l' utilisation des pesticides, il faut qu'il regarde au niveau Européen ce qui se passe et donne la possibilité aux viticulteurs Français d' etre sur le meme pied d'égalité que le viticulteur Européen. Une variété autorisée dans un pays Européen doit etre autorisée à etre plantée dans n'importe quel autre pays européen. Le catalogue des variétés de vigne Européen doit donner la possibilité aux viticulteurs de planter ces variétés ,de produire et de vendre ce vin issue de cette variété. Au moment de la crise phylloxérique ceci a été le cas maintenant nous sommes dans le cas de la crise environnementale. Les politiques ne doivent-ils pas concrétiser leurs paroles ?
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