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Campagne européenne

Les Pugibet, lobbyiste des cépages résistants à Bruxelles

Jeudi 23 mai 2019 par Michèle Trévoux

Pascal Canfin et Irène Tolleret, candidats LREM aux élections européennes, au domaine de la Colombette, dans les vignes de variétés résistantes aux maladies, aux côtés de François et Vincent Pugibet
Pascal Canfin et Irène Tolleret, candidats LREM aux élections européennes, au domaine de la Colombette, dans les vignes de variétés résistantes aux maladies, aux côtés de François et Vincent Pugibet - crédit photo : Michèle Trévoux
Deux candidats LREM aux élections du parlement européen étaient au domaine de la Colombette à Béziers ce mardi 21 mai. Ils ont entendu le plaidoyer de François et Vincent Pugibet en faveur des variétés résistantes aux maladies.

En visite dans l’Hérault ce mardi 21 mai, Pascal Canfin, numéro deux de la liste de La République En Marche (LREM) aux élections européennes et Irène Tolleret, vigneronne héraultaise en neuvième position sur cette même liste, ont fait étape au domaine de la Colombette à Béziers.

Pionniers de la plantation de variétés résistantes en France, les Pugibet, père et fils, ont fait preuve de leurs talents dans le lobbying et ont plaidé pour cette « solution d’avenir » pour réduire l’usage de pesticides et réclamé « le droit à l’expérimentation ».

Cépages phyto-indépendants

« Envisager que dans quinze ans, nous serons encore avec des cépages phyto-dépendants, ce n’est pas possible. Le chardonnay, c’est très bon, ça fait de très grands champagnes. Mais on ne peut plus continuer avec des cépages qui demandent autant de traitements. C’est en premier lieu la santé des viticulteurs qui est en jeu », assène François Pugibet. Devant les candidats à l’élection européenne, son fils Vincent n’est pas moins incisif : « Il a fallu batailler pendant deux ans pour faire appliquer en France un texte européen qui autorisait l’expérimentation. Quand nous sommes arrivés à démontrer que l’Europe nous autorisait bien à mener nos expérimentations variétales sans limite de superficie, la France a immédiatement pondu une réglementation réduisant les possibilités de plantations expérimentales à quelques hectares par bassin. C’est dramatique ! Qu’on nous laisse la liberté de mener nos propres expérimentations ». Le vigneron biterrois défend une recherche tournée vers l’avenir, qui ne fige pas la viticulture dans son passé. « La viticulture française est très diversifiée. Certains veulent revenir aux cépages d’antan, nous, nous prônons la création variétale, comme source d’innovation. Mais rien n’empêche à ces deux viticultures de coexister. »

"10 % de variétés résistantes dans les AOP"

Irène Tolleret en convient : « En France, nous sommes des spécialistes de la surtransposition. Que ce soit pour les aides européennes ou pour ce dossier des cépages résistants, nous sommes les rois pour compliquer les mesures européennes et les rendre plus restrictives ». Mais la candidate souligne le rôle moteur de l’Europe dans le développement des variétés résistantes. « Dans la nouvelle Politique Agricole Commune, l’Europe a prévu d’autoriser jusqu’à 10 % de cépages résistants dans les vins AOP. C’est une mesure qui est demandée par l’ensemble des régions d’appellation en Europe. C’est un vrai pas en avant pour la réduction de l’usage des pesticides. Nous avons besoin de la Pac pour porter de telles mesures. Sans elle, c’est l’assurance du déclin de l’agriculture française », a-t-elle soutenu. Pascal Canfin a lui aussi appuyé cette orientation : « en tant que consommateur, je suis en faveur de la réduction des pesticides. C’est une des trois priorités que nous défendons pour l’agriculture européenne, les deux autres étant l’augmentation des revenus pour les agriculteurs et une meilleure protection contre la concurrence déloyale ».

Historique

En 2008, le domaine de la Colombette à Béziers a été le premier en France, à planter des variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium. Il compte aujourd’hui une soixantaine d’hectares de ces variétés, soit 25% de la surface en vigne du domaine.

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