LE FIL

"Ça m’amuse"

La nouvelle stratégie du salon Vinexpo commentée par son ancien directeur

Vendredi 17 mai 2019 par Alexandre Abellan

« Je n’ai pas de leçon à donner » prévient Guillaume Deglise, ce 16 mai sur Vinexpo.
« Je n’ai pas de leçon à donner » prévient Guillaume Deglise, ce 16 mai sur Vinexpo. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Dirigeant désormais la maison bourguignonne Albert Bichot, Guillaume Deglise est revenu au salon de Bordeaux en tant que simple exposant. L’occasion pour lui de se pencher sans langue de bois sur le tournant pris par la marque Vinexpo.

Comment s’est passé votre salon Vinexpo de l’autre côté du miroir ?

Guillaume Deglise : Je vais vous donner le sentiment de l’entreprise [Albert Bichot], qui est aussi le mien. Nous avons fait un excellent Vinexpo. Au-delà de nos espérances, en quantité et qualité. Nous avons passé un bon le salon parce que nous l’avions préparé. Nous n’avons pas eu énormément de rendez-vous, mais il y a eu beaucoup de prospects que l’on n’attendait pas qui sont venus. Ceux qui cherchaient une grande maison de Bourgogne et ce sont aperçus que nous étions les seuls présents. L’absence de nos confrères nous a servie !

Je précise que la décision de venir ici a été prise avant mon arrivée, la maison Albert Bichot ayant réalisé en 2017 son meilleur salon Vinexpo et n’ayant jamais été déçue en trente ans de présence. Je tire mon chapeau à mes anciennes équipes qui ont réalisé un très beau et performant salon en dépit de toutes les difficultés. Notamment la prise directe avec la CCI…

 

Propriétaire de Vinexpo Bordeaux, la Chambre du Commerce et de l’Industrie de Bordeaux a dévoilé de nouvelles orientations fortes pendant Vinexpo. Notamment le rapprochement avec Wine Paris, pour tenir un salon unique à la capitale…

Ce qui m’amuse, c’est que ce projet de salon à Paris m’ait valu tant d’inimitiés et qu’il soit désormais porté par tous. Comme la CCI, qui était si crispée. Vinexpo a juste perdu un peu de temps.
Pendant les éditions 2015 et 2017, le repli de Vinexpo était encore peu perceptible. Le déclin est visible en 2019 et il faut en tirer les conséquences. Quand un produit commence à décliner, la stratégie dans toutes les filières est d’en lancer un nouveau. Mon idée, c’était de déplacer le cœur européen de Vinexpo à Paris. Aujourd’hui, il faut vivre avec son temps. Paris est le seul lieu où Vinexpo peut être pérenne. Mais je n’ai jamais voulu arrêter Vinexpo Bordeaux. Cela aurait été une erreur. Le projet porté par mon successeur est très bon. Il faut que Bordeaux s’ouvre.

 

À l’avenir, il serait également prévu de positionner Vinexpo Bordeaux pendant les primeurs, tous les ans…

Mon successeur doit être plus malin que moi. J’avais proposé cette piste à Olivier Bernard, alors président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux, il avait refusé. Le nouveau président de l’UGCB, Ronan Laborde, doit être plus visionnaire. Ce rapprochement entre Vinexpo Bordeaux et les primeurs me semble logique. Mais cela aura tendance à exclure les autres vignobles. On voit déjà que Vinexpo Bordeaux dévient régional, il aura tendance à l’être encore plus avec les primeurs de Bordeaux.

 

Vinexpo serait-il en train de réinventer le salon Bordeaux Vinipro ?

Vinipro ? Qui se souvient de ce nom ? Pas moi...

 

À vous écouter, on pourrait croire entendre des regrets...

Je n’en ai pas. D’abord je suis passé à d’autres projets, comme monter la signature Albert Bichot à un niveau ultra-qualitatif. Ensuite, je suis satisfait de voir que les projets portés par mon successeur ont été lancés par mon équipe. Si d'autres directions avaient été prise, j'aurais pu me poser des questions ! Je souhaite beaucoup de succès à Vinexpo, je ne suis pas du tout aigri.

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