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Languedoc

L’IGP Sable de Camargue vise l’AOC pour 2020

Lundi 20 mai 2019 par Michèle Trévoux

L’IGP Sable de Camargue regroupe 110 producteurs qui produisent 200 000 hl par an. Le vignoble s’étend sur 3000 ha.
L’IGP Sable de Camargue regroupe 110 producteurs qui produisent 200 000 hl par an. Le vignoble s’étend sur 3000 ha. - crédit photo : Gudrun Bauer
L’IGP Sable de Camargue se prépare à passer AOC. La démarche, en cours auprès de l’INAO, pourrait aboutir pour les vendanges 2020.

C’est un objectif que les producteurs ont en vue depuis 2009. Lors du passage de vin de pays à IGP, les vignerons de Sable de Camargue avaient déjà en tête la prochaine étape, à la savoir le classement de leur vignoble en AOP (Appellation d’Origine protégée). Le syndicat, présidé par Patrick Guiraud, a véritablement démarré le chantier en 2012. Une commission d’enquête a d’ores et déjà validé la délimitation de l’aire communale, qui comprend 12 communes sur trois départements : Hérault, Gard et Bouches du Rhône. Le syndicat a rédigé un cahier des charges qui a été soumis à l’INAO : il propose que seules les couleurs gris et gris de gris, qui représentent 95% des volumes produits en IGP Sable de Camargue, soient éligibles à l’AOC. Le rendement maximum autorisé serait ramené de 85 à 80 hl/ha. La liste des cépages autorisés serait plus restrictive : seul le grenache gris serait autorisé pour le gris de gris, la liste serait plus large pour le gris (Grenache, gris, Grenache noir, Carignan, Cinsault, … ) mais avec des proportions  à respecter pour chacun des cépages. Au niveau des pratiques culturales, le syndicat a voulu renforcer les mesures environnementales dans cet environnement protégé en interdisant le désherbage chimique dans l’inter-rang. Ce cahier des charges a été dans l’ensemble approuvé par l’INAO qui a demandé quelques retouches mineures. « Ce nouveau cahier des charges na va pas bousculer les habitudes. Beaucoup de nos adhérents le respectent déjà », précise Patrice Guiraud.

Définir la délimitation parcellaire

Le plus gros morceau reste la délimitation parcellaire. Un groupe de trois experts (un œnologue, un pédologue, un géologue) a été mandaté pour déterminer les critères d’éligibilité des parcelles. Le critère fondamental est bien sûr la composition très originale du sol, pratiquement dépourvu d’argile et de limons, la fraction sableuse y représentant plus de 90% de la masse. « C’est un terroir très particulier. La silice de nos sols ne capte pas les polyphénols, les pellicules des raisins restent blanches ce qui donne naturellement des jus très clairs », indique Patrick Guiraud. Le projet de délimitation parcellaire devrait être présenté au prochain comité de l’INAO du 20 juin. Restera ensuite à lancer la PNO, consultation publique d’une durée de deux mois. Si tout va bien, le dossier pourrait être validé pour la fin de l’année 2019 avec une première entrée en vigueur pour les vendanges 2020.

 

 

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craoux Le 20 mai 2019 à 10:10:13
Je cite > ... « Ce nouveau cahier des charges na va pas bousculer les habitudes. Beaucoup de nos adhérents le respectent déjà », précise Patrice Guiraud. » .... Ah bon ! c'est super de nourrir sa réflexion sans autre ambition ! Bravo à l'INAO de ne pas susciter une motivation plus inspirante. Et à quoi sert par exemple une délimitation parcellaire si il n'y a pas d'exigence sur le profil du vin en lien avec le type des terroirs identifiés ? Ces cahiers des charges (AOP ... comme IGP [qui n'ont pas la délimitation, je le sais]) me font tristement sourire au regard de la débauche d'ingénierie, notamment administrative, qu'il aura été nécessaire de solliciter pour finalement ne garantir quoi ? .. qu'une crédibilité de la "cabane", vue de l'extérieur. M'étonne plus que des vignerons s'écartent sciemment de ce chemin. L'INAO faillit à sa mission selon moi qui ne peut plus se résumer qu'à une seule approche formelle. La mention du nom d'une appellation (ou d'une IGP) devrait offrir l'assurance que le produit sera pourvoyeur de satisfaction, de plaisir voire de sensations. On est très loin du compte. Au fait, je n'ai rien contre l'IGP objet de l'article. Mais le discours de ce Pdt m'a tristement titillé. La filière n'est jamais prête à un peu plus de rigueur (qualitative). Elle ne peut admettre ou concevoir qu'un projet pourrait laisser sur la touche quelques unes de ses ouailles. Il faut donc toujours caler le curseur sur le plus grand dénominateur commun. Dur d'avancer dans ces conditions.
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