LE FIL

En bon voisin

Le domaine Boinaud communique sur ses pratiques

Mardi 23 avril 2019 par Myriam Guillemaud

De gauche à droite : Charles et Rémi Boinaud, deux cousins à la tête du domaine éponyme de 420 ha.De gauche à droite : Charles et Rémi Boinaud, deux cousins à la tête du domaine éponyme de 420 ha. - crédit photo : Myriam Guillemaud
Le 17 avril, le domaine Boinaud (Cognac) a convié ses voisins pour un moment de communication sur les bonnes pratiques mises en place au vignoble. Un temps de transparence.

Quelques dizaines de personne ont répondu présent à l’invitation du domaine Boinaud pour une opération de présentation des pratiques environnementales du domaine. Avec 420 ha de vignes, Charles et Rémi Boinaud, dirigeants du domaine éponyme, ainsi que Géri Combaud vont se succéder au micro. Après la projection d’un film sur le domaine et ses activités, suit le le message ambitieux que les deux hommes souhaitent transmettre. « Nous voulons partager avec vous notre vision de l'avenir. Depuis plusieurs années, nous nous sommes donnés pour objectif de travailler plus proprement, afin de transmettre à nos enfants une terre plus saine. »

Envoi de sms sur les traitements

 Première action : la communication en temps réel avec les riverains.  Ces derniers seront avertis par SMS des périodes de traitement et des vignes concernées. Le SMS sera suivi d'un e-mail donnant davantage d'explications : liste des produits utilisés dans le traitement, leur classification, le pourcentage de la dose homologuée mis en œuvre, le délai de réentrée dans la parcelle...

            « Nous axons la protection des vignes sur les biocontrôles et les PNPP (préparations naturelles peu préoccupantes) », indique Géry Combaud. « Nous utilisons encore un peu de phytos, mais le moins possible. C'est une prise de risque pour nous, mais nous le faisons pour respecter les riverains. » Il souligne encore que tous les traitements sont réfléchis. Six stations sont installées sur le domaine et reliées à des outils d'aide à la décision. « Cela nous permet de calculer les risques maladie et de décider si nous devons intervenir ou pas. Souvent, les gens pensent que nous traitons systématiquement. Mais ce n'est pas le cas. »

            Depuis 1999, la société est engagée dans la démarche HACCP (Analyse des dangers et points critiques pour leur maîtrise) visant à la sécurité sanitaire des aliments. En 2015, elle a obtenu une triple certification : ISO 9001 pour la qualité, ISO 14001 pour le respect de l'environnement et OHSAS 18001 pour l'hygiène et la sécurité au travail. Et depuis l'an dernier, elle est inscrite dans le Groupe 30.000 dont les exploitations adhérentes s'engagent à réduire l'usage des produits phytosanitaires.

Annonces sur les prochaines actions

            Les prochaines étapes sont claires : 2025 et la réduction de 50% des produits phyto. Et surtout 2030 avec un objectif zéro phyto. « Nous n'avons pas encore toutes les réponses pour y parvenir », reconnaît Géry Combaud. « Le risque est maximum pour l'entreprise. Mais notre volonté est forte. »

            Les efforts se poursuivent. Le domaine s'équipe cette année de pulvérisateurs à panneaux récupérateurs qui réduisent les pertes par dérive de 57 à 14%. Les traitements dans les vignes se font selon onze parcours pré-définis. « C'est un gage de ne pas oublier une parcelle et ça permet d'éviter les doublons. » Autre investissement, cinq inter-ceps hydrauliques pour travailler sous les rangs et éviter d'utiliser les désherbants.

            La société mène aussi ses propres essais, dont l'un pour vérifier les résultats d'un désherbage sans glyphosate, d'autres pour des essais anti-fongiques à base d'algues PNPP, de biocontrôle, de tisanes... Cette année, 50 % du vignoble sont protégés des insectes foreurs par des boîtes contenant des phéromones et provoquant leur confusion sexuelle. « Nous cherchons des méthodes alternatives », insiste Géry Combaud. En discutant après la présentation avec des riverains, il souligne aussi le coût que représentent ces nouvelles solutions pour le domaine : 50 €/ha pour un traitement insecticide classique, 250 €/ha pour les boîtes à phéromones...

 

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé