LE FIL

Cellier des Princes

« Un projet qui peut mettre en péril l'activité de la cave »

Mardi 23 avril 2019 par Juliette Cassagnes

A gauche, photo prise en 2012 avant la construction du lotissement dans le quartier la Barrade ; on y voit les parcelles de vigne qui ont depuis disparues (photo de droite). En orange, la cave du Cellier des Princes. Le nouveau PLU prévoit de faire passer en zone urbanisable la parcelle entourée en vert (environ 1 ha), qui servait de zone tampon non constructible entre la cave et les maisonsA gauche, photo prise en 2012 avant la construction du lotissement dans le quartier la Barrade ; on y voit les parcelles de vigne qui ont depuis disparues (photo de droite). En orange, la cave du Cellier des Princes. Le nouveau PLU prévoit de faire passer en zone urbanisable la parcelle entourée en vert (environ 1 ha), qui servait de zone tampon non constructible entre la cave et les maisons - crédit photo : Cellier des princes
La cave coopérative du Cellier des Princes est menacée par un projet de construction d'habitations sur une parcelle de vigne située à 10 mètres de son outil de vinification. Elle se bat contre la mairie de Courthézon (Vaucluse) depuis plusieurs mois.

« Ce projet peut mettre directement en péril l'activité de la cave », s'offusque Pierre Cohen, directeur du Cellier des princes, à Courthezon (84) à propos d'un projet d'urbanisation lancé par la mairie de la commune. Cette dernière envisage en effet un nouveau PLU (plan local d'urbanisme) qui prévoit le classement d'une parcelle, dont une partie est plantée de vignes classées en Côtes-du-Rhône villages, complètement collées aux bâtiments de réception de la vendange et de vinification de l'entreprise. L'objectif: y construire 6 logements sociaux.

Un projet totalement incompatible donc avec une activité industrielle située à 10 mètres : « Il y a un risque sécuritaire important, avec des va-et-vient de tracteurs, remorques, conquets pendant les vendanges, et nous savons pertinemment que nous allons avoir des dépôts de plaintes pour nuisances sonores et olfactives; or les équilibres économiques sont très fragiles en viticulture », explique son directeur.

Des logements sociaux sur un terroir de galets roulés

L'incompréhension est d'autant plus forte qu'un lotissement entier de logements sociaux, 600 au total, a déjà été construit il a quelques années, en 2012, sur ce même secteur, sur d'anciennes parcelles viticoles, pour une surface d'environ 4,6 ha et qui étaient exploitées par des vignerons de la cave : « C'était déjà une perte importante pour nous à l'époque, mais nous n'avions pas voulu entrer en conflit avec la mairie à condition de conserver une zone tampon », raconte le responsable. Un accord passé qui ne serait donc plus respecté aujourd'hui.

"On ne comprend pas"

Autre point qui suscite l'interrogation : le fait de vouloir construire de nouvelles habitations alors que beaucoup de logements déjà bâtis resteraient actuellement inoccupés. « Il n'y a donc pas d'enjeu social ni économique, pas de pression démographique... C'est difficilement explicable, on ne comprend pas l'intérêt », poursuit Pierre Cohen, qui fait aussi valoir l'ancienneté de l'implantation de la cave sur ce lieu (1965).

Ses responsables tentent donc depuis plusieurs mois différentes actions pour stopper le projet : sensibilisation des différents intervenants – préfet, DDT, élus, syndicats...- rendez-vous avec la mairie, lancement d'une pétition il y a 2 mois, réunion publique il y a un mois-et-demi pendant laquelle les viticulteurs ont exprimé leur « vive inquiétude »... Des démarches qui, jusqu'à présent, n'ont pas permis d'avoir de réponse des pouvoirs publics, ni fait changer d'avis la mairie sur le PLU.

Prochaine étape : l'ouverture de l'enquête publique, qui devrait débuter en juin 2019. « Mais nous n'avons aucune garantie que le projet sera abandonné, ajoute Pierre Cohen. J'espère que le bon sens l'emportera... », conclut-il, dépité.

Pour consulter la pétition sur change.org, c'est par ici.

Illustration: entourée en jaune, la parcelle de vigne qui fait l'objet d'un classement en zone urbanisée par la mairie, et qui jouxte les bâtiments du Cellier des Princes:

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Edouard LOISEAU Le 25 avril 2019 à 01:16:07
Il suffit de lire ce type de témoignages pour comprendre qu'il ne faut surtout pas aller vers plus de décentralisation. On a mit 1000 ans à se débarrasser des petits seigneurs locaux qui tranchaient et brisaient sur leur fief et en 40 ans de décentralisation on est revenu à la même situation : des mairies, des communautés d'agglo, cantons, département ou régions qui n'en font qu' leur tête, exproprient à tour de bras, construisent tout et n'importent quoi pour se faire plaisir et pensant 'laisser leur nom dans l'Histoire' (le tout au frais du contribuable). On te bassine de ceinture verte, d'écologie et de proximité dans les tracts politiques et on bétonne à tout va entre deux élections, si possible en zone inondable (ben oui, les galets ils sont pas tombés du ciel, on est à tous les coups dans le lit secondaire d'une rivière / fleuve). Proposition à l'issue du Grand Débat : rendre tous les élus solidaires de leurs fautes de gestion, de façon illimitée sur leur deniers personnels ; audit annuel par la cours de comptes des tous les bilans de toutes les mairies, agglo,... Il y aurait moins de candidats aux prochaines élections...
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