LE FIL

 Je reprends ma lecture 
{{str_intro_2}}
{{str_intro_3}}
{{message_alert}}
 {{bt_suivant}} 

 Je réponds 

Grêle et gel

Le Languedoc touché et dégâts localisés

Lundi 08 avril 2019 par Marion Sepeau
Article mis à jour le 12/04/2019 09:17:16

Juste après la grêle en Languedoc.
Juste après la grêle en Languedoc. - crédit photo : Publication de Jérôme Despey sur Facebook
Gel et grêle ont ponctué l’actualité météologique du Languedoc depuis le vendredi 4 avril. Les premiers retours sur d’éventuels dégâts sont plutôt rassurants.

Les faits

« Réveil douloureux après nuit inquiète : la grêle a frappé 2 fois cette nuit autour de Montpellier, des bourgeons par terre. Impuissance individuelle face aux enjeux du climat. L’assurance climatique & la connaissance du risque doivent être au cœur des #Européennes2019 #duconcret » a tweeté le 7 avril, Irene Tolleret, candidate LREM aux élections européennes et vigneronne. Du 4 au 7 avril, le Languedoc a fait face à des températures négatives durant la nuit et le matin ainsi qu’a deux orages le grêle, accompagnés d’au moins « trois tornades avérés » indique le site Météo Languedoc. Le 6 avril a été particulièrement marquant avec de la grêle intense dans le secteur du Pic Saint-Loup (Grabels, Saint-Gély-duFesc, Combaillaux, Prades-le-Lez et Saint-Mathieu-de-Tréviers). Par endroit, une accumulation de 10 cm de grêlons a pu être observée.

 

Point à 11h45

Ce 8 avril au matin, les premiers échos sur les conséquences de ces deux évènements sont plutôt rassurants. Alors que les techniciens et présidents de caves coopératives et ODG étaient sur le terrain pour examiner les faits, les premiers témoignages laissent penser que les dégâts seront modérés. Pour le gel, le secteur d’Hérépian serait celui qui aurait été le plus touchés avec des « bourgeons dans le coton qui seraient tout mous » indique Jean-Pascal Pelagatti, vice-président de la Chambre d’Agriculture de l’Hérault. « Le gel est insidieux. Il est probable qu’il y ait des dégâts hétérogènes dans les secteurs des bas-fonds et sur cépages précoces » complète Laurent Gourdon, directeur du service viticulture de la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Dans le Gard, des dégâts de gel sont aussi à déplorer. « Vendredi 4 avril, on a relevé -3°. Les bourgeons les plus jeunes ont gelé, tandis que les feuilles étalées sont indemnes. Presque tous les cépages sont touchés. Il est difficile de tirer une conclusion sur les conséquences de cet épisode » précise Gérard Bancillon, président de la cave coopérative « Les collines du Bourdic ».

Concernant la grêle, à ce stade, les premiers bilans n’étaient pas disponibles. Vitisphere fera un nouveau point en milieu d’après-midi.

 

Point à 15h45 : grêle à Combaillaux

« Je n’ai jamais vu un orage de grêle d’une telle intensité et j’ai 34 ans de métier ! » s'enflamme Christophe Chassary, associé du Gaec de la Source de Gentil situé à Combaillaux (AOC Coteaux du Languedoc et Pic Saint Loup). Rapportant avoir été à l’épicentre du phénomène de grêle du samedi 6 avril entre 23 h et 1 h, le vigneron est écœuré. Il ne reste quasiment plus rien de ses 25 hectares de vigne. « C’est apocalyptique ! Deux jours après, il demeure encore des grêlons à terre. La vigne, qui était au stade deux feuilles ou sortie de bourgeons, a complètement flambé. Même les yeux dormants sont détruits. Je suis certain de ne rien vendanger. Il ne sortira, des futures repousses, que du bois, pas de raisins ! » se désole-t-il entre colère et abattement. Sans assurance, le vigneron prévoit de faire le dos rond : « je mets 300 euros de côté tous les mois. Je fais ma propre assurance ! ». C’est surtout à son fils, qui a posté sur Facebook une vidéo de l'état de la vigne, qu’il pense. « Ce matin, je lui ai dit d’aller faire autre chose que de la vigne. Il arrive ça à un jeune, il ne se relève pas et met la clé sous la porte ! ». Et, pudiquement, s’interroge : « moi-même, je ne sais pas qu’elle sera la survie de l’exploitation l’an prochain ».

 

Point à 16 h 15 : impact de gel important dans la Vallée de l’Orb

 

Dans la Vallée de l’Orb dans le secteur entre Bédarieux et Le Poujol-sur-Orb (ainsi que dans la Vallée de la Mare, autour de Villemagne l’Argentière), le gel de la nuit du 3 au 4 avril a fait des dégâts. « Hérépian est particulièrement touché. Ce sont les secteurs de fond de Vallée qui sont concernés avec des températures qui ont plongé à -4°C par endroit » rapporte Philippe Coste, président de la cave coopérative d’Hérépian. Les dégâts sont d’intensité variée avec certaines parcelles sont touchées à plus de 80 %. « Ce sont les chardonnays, grenache et merlot qui sont les plus touchés dans des secteurs de sols profonds où la cave réalise ses rendements. Les parcelles y produisent autour de 80 à 90 hl/ha » précise Philippe Coste qui explique que, pour de nombreuses parcelles, la vigne était au stade de bourgeons dans le coton. « Quand on touche ces bourgeons, ils sont tout mous. Ils vont sécher. Désormais, il faut attendre pour voir ce que le deuxième contre-bourgeon va produire. S’il y aura des grappes ou pas ». Sur les 300 ha de la cave, un peu moins de la moitié a été touché par le gel. Philippe Coste s’attend à des pertes importantes qui s’ajoute à 5 années abominables. « L’an dernier, nous avons eu le gel et la sécheresse ; en 2017, c’était le gel ; en 2016 la grêle et en 2015 ; les inondations » énumère-t-il. La cave qui devrait produire en moyenne 18 000 hl par an, a rentré 12 000 hl l’an dernier et 10 800 en 2017. L’année 2019 ne devrait pas être bien meilleure…

 

Mise à jour du 12/04 : 400 à 500 ha en bio raclés aux Vignerons d’Héraclès

Dans la nuit du 4 au 5 avril, le vignoble des Vignerons d’Héraclès dans le Gard a été lourdement touché par le gel. « La température est tombée à - 3°C. Nous avons d’énormes dégâts sur toutes les communes autour de la cave : Bernis, Uchaud, Codognan, Vergèze, Le Caylar, Mus et le bas de Calvisson. Tous les cépages ont été touchés : les chardonnays bien sûr qui étaient au stade 3-4 feuilles étalées avec les inflorescences visibles, mais les cépages plus tardifs sont également impactés, les petits bourgeons ont grillé », se désole Jean-Fred Coste, le président de la coopérative. D’après les premières estimations, 400 à 500 ha seraient raclés, ce qui représenterait une perte de 25 000 hl. Un coup dur pour cette coopérative spécialisée dans les vins bio.
 

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé