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Aléa climatique

Une première alerte gel en Bourgogne et Beaujolais

Lundi 08 avril 2019 par Juliette Cassagnes
Article mis à jour le 09/04/2019 17:16:27

En Bourgogne, des 'bougies' sont allumées pour lutter contre le gel
En Bourgogne, des 'bougies' sont allumées pour lutter contre le gel - crédit photo : Daniel Etienne Defaix
La Côte de Beaune a eu peur la semaine dernière. La première alerte gel de la saison a eu lieu, mais les dégâts ne sembleraient pas ou peu importants, selon les premiers témoignages recueillis. En revanche, la Côte chalonnaise, le Mâconnais et le Beaujolais, ont été touchés.

« On a eu chaud », témoigne Frédéric Drouhin, propriétaire de la maison Joseph Drouhin, suite à l'alerte gel du matin du vendredi 5 avril 2019. Les températures, descendues par endroit jusqu'à -4°C, avaient été annoncées. Les vignerons avaient pu mettre en route leurs dispositifs de protection: huit villages de la Côte de Beaune – Savigny, Chassagne, Meursault, Auxey-Duresses, Puligny, Saint-Aubin - avaient demandé l'autorisation préfectorale pour pouvoir avoir recours à des feux de paille, tandis que d'autres ont allumé des bougies, des éoliennes, ou encore des câbles chauffants et des asperseurs, comme à Chablis. « Toutes les stations d'aspersion étaient en route », a constaté Adrien Michaut, président de la FDAC.

"Ce n'est que le début"

Le risque a finalement été localisé sur la Côte de Beaune, là où la végétation était le plus en avance - au stade 2 ou 3 feuilles – sur cépage chardonnay et où le soleil matinal pouvait griller les bourgeons tout juste ouverts. D'après les premiers témoignages émanant du vignoble, recueillis vendredi, les vignes semblent avoir été préservées, grâce notamment à un temps finalement resté couvert ou aux moyens de lutte mis en oeuvre. « Le premier état des lieux semble rassurant, mais on se laisse quelques jours pour juger des dégâts de façon sûre », résumait Marion Saüquere, directrice de la la CAVB. «  Nous n'avons pas constaté d'impact de gel sur nos différentes appellations », confirmait Frédéric Drouhin.

Mais le plus dur reste à venir pour les vignerons : « C'était une première alerte. On entre dans une période critique, c'est seulement le début avec un mois à tenir, avec un changement de lune autour du 20 avril », indique Arnaud Dubreuil, président du syndicat de Savigny-lès-Beaune.

Difficile d'évaluer les dégâts

Plus au sud, la situation est plus préoccupante. Dans le sud de la Côte chalonnaise et dans le mâconnais d'abord, les dégâts pourraient être sérieux. Sur les cépages blancs (aligoté et chardonnay). « Ce sont des secteurs à forte production d’appellations régionales, on peut donc s’attendre, sous réserve de confirmation du diagnostic, à des conséquences sur la production 2019 de nos appellations, Bourgogne blanc et Bourgogne Aligoté principalement », indique Guillaume Willette, de l'ODG des Bourgogne.

Le Beaujolais a lui-aussi été touché, cette même nuit du 5 avril. « C'est difficile à évaluer clairement, mais la surface impactée semble assez importante et pourrait se compter en milliers d'hectares », précise David Ratignier, vice-président d'InterBeaujolais. Le bilan plus précis des dégâts sur ces deux vignobles devrait être connu d'ici quelques semaines.

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