LE FIL

Contrats interprofessionnels

Les courtiers de Champagne confortent leur rôle

Jeudi 04 avril 2019 par Aude Lutun

Franck Hagard à gauche, Jean-Pierre Dargent à droite, co-présidents du syndicat des courtiers de Champagne.
Franck Hagard à gauche, Jean-Pierre Dargent à droite, co-présidents du syndicat des courtiers de Champagne. - crédit photo : DR
La loi Egalim renforce le rôle des courtiers et celui des interprofessions. Pas de révolution dans ce vignoble déjà très structuré, même si le renouvellement des contrats interprofessionnels apportent quelques nouveautés.

A l’occasion du renouvellement des contrats interprofessionnels – de cinq ans – qui vont prendre effet à la vendange 2019, les courtiers de Champagne confortent leur position. Une nouvelle disposition (n° 187) vient d’être ajoutée au contrat. Elle stipule qu’en présence d’un courtier lors de la signature d’un contrat, il n’est pas nécessaire de rédiger une proposition préalable. Ce qui devient obligatoire dans le cadre de la loi Egalim.

Déjà dans l'esprit de l'Egalim

« Notre expertise est reconnue », se félicitent les deux co-présidents du syndicat des courtiers de Champagne Franck Hagard et Jean-Pierre Dargent. Ils soulignent par ailleurs que l’organisation champenoise répond déjà aux objectifs de la loi Egalim. « Le contrat interprofessionnel champenois repose depuis toujours sur le partage de la valeur ajoutée entre tous les acteurs de la filière agricole, précisent-ils. De même, nos contrats sont de cinq ans, ce qui est aussi dans l’esprit de la loi Egalim d’inciter la mise en place de contrats longs pour donner de la visibilité aux professionnels. Enfin, dernier point, cette loi veut redonner la main aux interprofessions. C’est déjà le cas dans notre région viticole ». Il est toujours possible, pour un viticulteur ou une coopérative, de travailler en direct avec un négociant mais cela supposera de signer en amont une proposition préalable. Les courtiers interviennent déjà dans 80 % des contrats de vente de raisin. La disposition n°187 ne devrait donc pas modifier l’organisation actuelle de la Champagne.

Le métier de courtier, dont l’accès devait être assoupli avec la loi Macron au même titre que celui des notaires par exemple, gardera la plupart de ses spécificités. Un décret devrait paraître d’ici septembre 2019. Le contrôle de connaissances sera maintenu avec un examen organisé par les chambres de commerce. Le jury sera composé de professionnels. Les modalités du stage sont en revanche modifiées. Il pourra se faire au sein de la filière et non plus exclusivement chez un courtier.

Vendange 2019 : un probable rendement de 10 à 10 500 kg/ha

« C’est en juillet que le rendement autorisé sera fixé, quand la filière aura une vision plus précise du potentiel de production dans les vignes et que les ventes du premier semestre seront connues, explique Jean-Pierre Dargent. Il est probable qu’il se situe entre 10 000 et 10 500 kg/ha ».

Les courtiers ne semblent pas inquiets sur une éventuelle baisse du prix du kilo de raisin, alors que la part d’engagement du vignoble en raisin est passée de 50 % à 65 % en dix ans. « Certes, le négoce bénéficie d’un afflux de matière première, mais le fait que le rendement soit fixé par rapport aux ventes limite le risque, estime Franck Hagard. Nous ne pensons pas que le prix du kilo baissera. En revanche, il se pourrait que les raisins ne correspondant pas aux critères qualitatifs et environnementaux (Viticulture durable, HVE, etc) ne trouvent plus d’acheteurs dans un horizon de cinq à dix ans. Demain, ces certifications seront la norme ».

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