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Certifications environnementales

Les vins « durables » ont de plus en plus le vent en poupe

Mercredi 03 avril 2019 par Juliette Cassagnes

Pour Pascal Duconget, président de l'association VDD, le label doit être plus demandé et connu des consommateurs, grâce à une meilleure communicationPour Pascal Duconget, président de l'association VDD, le label doit être plus demandé et connu des consommateurs, grâce à une meilleure communication - crédit photo : J Cassagnes
Les caves qui s'engagent dans la démarche "Vignerons en Développement durable" sont de plus en plus nombreuses et le marché devenu demandeur de ce type de labels. Mais l'enjeu de leur bonne communication demeure.

A l'occasion de la tenue du colloque annuel de l'association Vignerons en développement durable (VDD), qui se tenait ces 28 et 29 mars dans le Gard et le Vaucluse, un bilan chiffré a été présenté : le nombre de caves adhérentes continue de grossir, avec 6 nouvelles entreprises qui l'ont rejoint en 2018, pour atteindre 29 entreprises. Elles représentent 6100 exploitations, une surface de 39000 ha de vignes (5% du vignoble français), 90 appellations, et sont implantées dans quasiment tous les vignobles.

« Je suis sûr que cela va continuer, il faut poursuivre le développement du label », a commenté Pascal Duconget, président de l'association et directeur de Rhonéa, lors de son discours d'introduction.

"Le durable, un nouveau critère d'achat"

Le contexte est en effet très favorable, avec actuellement une « explosion » des attentes environnementales et sociétales. « On ne s'attendait pas à une telle ampleur et accélération, lorsque l'association a été créée il y a 9 ans », a commenté celui-ci. Une étude conduite auprès de consommateurs et d'acheteurs professionnels, commanditée par Verallia, confirme ces propos : ils sont respectivement 40% et 84% à tenir compte désormais du caractère « responsable » d'un vin lors de leur achat. « Il est donc devenu un véritable critère, ils y sont de plus en plus attentifs », a ajouté Héloïse François, responsable marketing venue présenter l'étude.

Même son de cloche du côté d'un distributeur, Patrick Hourdeau, directeur des achats vins des enseignes Match et Cora : « On ressent depuis quelques années une volonté de nos clients de consommer autrement et mieux, avec des produits sains, locaux et avec des labels », a t-il témoigné.

Au sein de ces supermarchés, les vins « durables » représentent actuellement 12% des références (contre 8,8% pour les vins bio) et 9% du chiffre d'affaires (contre 3% pour les vins bio). Mais selon ses projections, leur place est amenée à progresser encore fortement dans les mois et années à venir. Mais à trois conditions tout de même : que le nombre d'opérateurs augmente, que l'offre soit en phase avec la demande, et enfin que « l'écart tarifaire entre les vins durables et conventionnels soit minime ». Des critères que les vins bio ne remplissent pas. De quoi donner un avantage aux vins durables.

Le consommateur est totalement perdu dans une forêt de labels

Pour poursuivre un bon développement, un gros travail devra aussi être conduit pour améliorer la communication sur cette thématique, tant au niveau des acheteurs que des consommateurs. « La difficulté pour nous est que le consommateur est complètement perdu face aux différents labels, en dehors du logo AB qu'il connaît bien », constate Patrick Hourdeau. Il faut absolument informer, communiquer, faire de la pédagogie, le plus possible », conseille celui-ci. « Ils sont sensibles aux labels explicites; ils ont besoin d'informations claires et cohérentes », confirme la responsable marketing de Verallia. Pour rendre plus visibles ces vins "durables" et faire connaître son engagement dans cette démarche, l'enseigne Match va d'ailleurs lancer, dans quelques jours, une nouvelle collerette blanche et verte pour habiller les vins labellisés Terra vitis, Agriconfiance, Bee friendly, VDD et HVE.

Du côté de l'Association VDD, un gros travail a été conduit en interne pendant l'année 2018 pour réfléchir au positionnement et à la communication du label afin d'en améliorer sa visibilité et sa compréhension. Elle va être déployée cette année, notamment auprès des commerciaux, des distributeurs, des institutionnels puis des consommateurs.

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craoux Le 06 avril 2019 à 12:32:25
Je suis très circonspect sur la valeur de tous ces labels. Ce sont autant de cahiers des charges "écrits sur le papier" qui promettent monts et merveilles - je veux bien - mais qu'il faudrait mettre en œuvre, avec des modalités de contrôle "sérieuses" (ne pas se limiter à l'administratif et à la vérification de la compta-M déclarative) et bien évidemment déléguées à des services non partie liée (contrôle 100% externalisé donc). Et à l'idéal, il faudrait ne pas tirer sur toutes les ficelles possibles pour que les taux du contrôle externe soient aux niveaux les plus bas possibles acceptables (pour la validation des plans de contrôle AOP et IGP, l'objectif de la certification a imposé ... ouf ! .. qu'un socle a minima soit respecté !). Les bonnes intentions ne suffisent pas car il faut prendre en compte que le coût du contrôle externe, notamment "terrain", sera élevé ! ... Si ces labels ne s'imposent pas une réelle légitimité par le sérieux de leur contrôle .. et par conséquent par l'acceptation par le consommateur d'un PRIX ++, on n'avancera pas beaucoup !
christophe Le 05 avril 2019 à 15:51:24
Bien évidemment toutes ces certifications comme le HVE bannissent les produits classés toxiques, les CMR, les engrais chimiques, les épamprages chimiques, les désherbages excessifs et toutes ces pratiques d'un autre temps ? sinon ne se moquerait on pas un peu du consommateur ?
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