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Champagne

Les jeunes interpellent sur les champagne à moins de 10 euros

Vendredi 22 mars 2019 par Aude Lutun

Charles-Henri Dupont, président des jeunes vignerons de champagne : 'Nous demandons au SGV et à l’interprofession de trouver les moyens d’être audibles sur ce thème et de toucher les moins de 35 ans qui s’éloignent du champagne.'.
Charles-Henri Dupont, président des jeunes vignerons de champagne : 'Nous demandons au SGV et à l’interprofession de trouver les moyens d’être audibles sur ce thème et de toucher les moins de 35 ans qui s’éloignent du champagne.'. - crédit photo : DR
Charles-Henri Dupond, président du groupe des Jeunes vignerons de la Champagne, veut interpeller la filière sur la vente de bouteilles de champagne à moins de 10 €, dévastatrices pour l’image de l’appellation.

Pourquoi avoir placé votre assemblée générale qui se tient ce 22 mars sur le thème des champagnes à moins de 10 € alors qu’ils ont toujours existé ?

Les champagnes à moins de 10 € sont un sujet de discussion récurrent depuis une dizaine d’années au sein du groupe des Jeunes. Avant de monter d’éventuelles actions dans les linéaires, nous avons voulu faire le point sur ce marché. Et nous nous sommes rendu compte que les torts sont partagés entre la grande distribution qui profite de la notoriété de notre appellation pour capter des clients et la filière qui trouve ainsi le moyen d’écouler une petite partie de sa production. La grande distribution a commercialisé 46 millions de cols en 2017 (sur un total de 306 millions de cols NDLR). 51 % l’ont été avec un levier promotionnel. Et sur ces 23,5 millions de cols, 5 à 10 % sont vendus en dessous de 10 € soit environ 2 millions de bouteilles. Ces bouteilles représentent un petit volume mais ont de grandes conséquences pour l’image du champagne. Pour rappel, le prix moyen d’une bouteille de Champagne en grande distribution est de 20 € TTC.

Quelles sont vos propositions pour y remédier ?

Il faut communiquer sur ce qui nous différencie des autres effervescents, notamment étrangers, à savoir un long temps d’élevage des vins, un travail de vinification précis, des conditions de production exigeantes dans les vignes avec entre autres l’essor de la viticulture durable, la notion de terroir, etc. Nous demandons au SGV et à l’interprofession de trouver les moyens d’être audibles sur ce thème et de toucher les moins de 35 ans qui s’éloignent du champagne.  

Les ventes des vignerons marquent le pas depuis la crise de 2008. Que faire pour retrouver la croissance ?

Il faut professionnaliser la vente. Les modes de consommation ont changé. Les clients ne viennent plus remplir leur coffre une fois par an. Les achats passent davantage par les cavistes et la vente en ligne. Cela requiert d’autres compétences qu’il nous faut développer. Il faut également jouer collectif en créant des associations pour être plus efficaces à l’export par exemple.

La nouvelle aire d’appellation Champagne, qui pourrait être dévoilée en 2020, suscite-t-elle un engouement ou des craintes pour les jeunes vignerons ?

Nous sommes très prudents sur ce sujet car nous ne savons pas encore comment vont évoluer les autorisations de plantation à partir de 2030. Le point d’étape de la Commission européenne, en 2024, devrait nous permettre d’en savoir plus. Si nous n’avons pas l’assurance que le système actuel perdurera au-delà de 2030, nous serons opposés à l’extension de l’aire car nous ne parvenons pas à combiner volume et valeur. 2024 devrait coïncider avec la fin du travail de la nouvelle aire. Le SGV a de toute façon les cartes en main. Si nous gardons la maîtrise des autorisations de plantation, l’extension de l’aire peut présenter l’avantage de détendre la pression sur le foncier, et de conserver le potentiel de production de la Champagne, qui est affecté à certains endroits par le court noué.

 

 

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