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Elections européennes

Le SGV initie les candidats à la question des autorisations de plantation

Jeudi 21 mars 2019 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 22/03/2019 09:25:05

Le vignoble champenois veut se mobiliser pour prolonger le systèmes des autorisations de plantation.
Le vignoble champenois veut se mobiliser pour prolonger le systèmes des autorisations de plantation. - crédit photo : DR
A quelques semaines des élections européennes, le Syndicat général des vignerons de la Champagne se lance dans une opération politique d’envergure : faire connaître aux candidats aux élections européennes, l’enjeu des autorisations de plantation dans le cadre de l’agrandissement de son aire.

Dans les textes européens actuels, le système des autorisations de plantation doit être évalué en 2024 et est prévu pour durer jusqu’en 2030. 2030 : la date fait trembler plus d’un responsable professionnel viticole qui voit se rapprocher une échéance signant la libéralisation de plantations. Face à cette éventualité, la mobilisation politique a permis d’obtenir que les premiers textes européens concernant la réforme de la PAC, abrogent cette date pour la décaler en 2050. Mais, ce pas en avant, ne doit pas être surestimé au vu des échéances législatives européennes. 2019 : c’est un nouveau parlement et une nouvelle Commission européenne. De quoi fragiliser cette première avancée qui pourrait être remise en cause par les nouveaux députés ou la nouvelle Commission.

Un sujet déterminant en Champagne

Préférant prévenir que guérir, le Syndicat général de la Champagne (mais aussi d’autres organisations syndicales) a décidé de prendre le taureau par les cornes et de sensibiliser les candidats aux élections européennes au système des autorisations de plantation (les parlementaires français sont aussi concernés par la démarche). La prolongation en 2050 du système des autorisations de plantation est enjeu particulièrement important pour le vignoble français. Il est encore davantage pour la Champagne.

Elle a en effet engagé en 2003 un projet d’agrandissement de l’aire. L’avis de l’Inao est attendu pour l’année prochaine, ce qui ne signera pas l’aboutissement du projet. De multiples étapes attendent encore les champenois comme la consultation publique, les réclamations individuelles, l’avis de l’ODG, la PNO, la validation du cahier des charges et, enfin, l’instruction du dossier par la Commission européenne.

" Ce serait un véritable choc économique !"

Bref, le terme de la procédure champenoise pourrait bien aboutir 2024. Or, si les autorsiations de plantation sont remises en question, la nouvelle aire pourrait jouer comme un véritable effet d’aubaine… de quoi déstabiliser l’économie champenoise quelques années plus tard.  « Ce serait un véritable choc économique ! » s’alarme Pascal Bobillier-Monnot, directeur adjoint du SGV. « C’est pour cela que nous avons décidé de prendre à témoin les politiques sur la nécessité de prévenir de ce danger ! » D’autant que, vu la situation économique que traverse la Champagne avec un recul des ses ventes françaises, certains s’interrogent sur la nécessité d’agrandir l’aire. Et Jean-Marie Barillère, co-président du Comité Champagne d’indiquer sur Prowein le 17 mars : « Aujourd’hui, il n’y a pas intérêt à se poser la question s’il faut augmenter ou non la production de Champagne ». Mais pour, Maxime Toubart, président du SGV, les choses sont beaucoup plus claires. "Face au risque de surproduction qui pourrait déstabiliser les AOC et des régions entières, nous pourrions faire le choix de suspendre les travaux de délimitation en cours. Les appellations seraient alors figées et les perespectives de développement bloquées" explique-t-il par communiqué. Et de marteler : "L'outil de régulation est indispensable car il permet de gérer la croissance du vignoble en lien avec le développement des marchés, de maintenir une production de qualité et un tissu d'exploitations viticoles viables et qui permet l'installation de jeunes. Il est nécessaire de pérenniser cet outil de régulation qui ne coûte rien aux Etats Membres".

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craoux Le 26 mars 2019 à 12:38:30
Moi, la libéralisation des droits ça me va. Les AOP doivent arrêter de se plaindre et y en a marre qu'on les écoute trop souvent afin que soient fixées des barrières quasi-administratives pour contrer toute velléité de développement proche mais hors de leurs zones de compétence (aires géographiques AOP). Ces chéries n'ont-elles pas leurs cahiers des charges à appliquer et à faire respecter ? ... Et, je le rappelle, elles disposent notamment d'un élément clé du contrôle "terrain" si elles veulent s'en donner les véritables moyens > l'affectation parcellaire ... et la possibilité d'une visite au chai au titre du contrôle interne ... mais on est plus fort pour conceptualiser que pour être responsable et opérationnel (je ne crois pas que les ODG s'aventurent beaucoup sur ce terrain du contrôle chez leurs opérateurs) ! ... Y en a marre que les "appellations" de notoriété (et d'autres) demandent encore plus que ce que leur donne leurs cahiers des charges. Pourquoi auraient-elles un droit de regard sur le potentiel sis hors aire délimitée. Y en a marre de cette machine à valoriser le foncier qu'est la délimitation AOP. Et quelle garantie apporte l'AOP - hormis par le discours via la communication - que le produit est synonyme de "qualité" au SENS de vrai plaisir (je ne parle pas ici de "qualité" au sens quasi agro-industriel de respect des règles de production portées par un CDC ou d'un label X ou Y) ? A quand une vaste étude à mener auprès des consommateurs sur la réalité du vrai "plaisir" que procurent tous ces vins d'appellation proposés à des prix désormais sans rapport avec leur qualité intrinsèque "objective" ? ... Il ne suffit pas de s'alarmer du constat que les autres pays producteurs peuvent nous devancer sur les marchés export. Il faudrait redonner une "âme" à nos productions. Et c'est un enjeu plus primordial que celui de limiter les droits ou autorisations.
JRG Le 23 mars 2019 à 09:44:34
La libéralisation des droits de plantation de vigne au niveau européen est acquise ; pourquoi vouloir modifier une législation qui ne profiterait qu'aux "seigneurs" en place. tout le monde a le droit de choisir son métier, la libéralisation évite les injustices précédentes (discriminations) et il faut aussi supprimer le détournement de notoriété des IPG discutable pour une égalité des chances. C'est demander maintenant cet acquit définitif, une des premières législation agricole européenne harmonisée au niveau EU.
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