LE FIL

Observations dans les collections ampélographiques

5 % des cépages sont peu sensibles au mildiou

Vendredi 15 mars 2019 par Christelle Stef

Thierry Lacombe a présenté le 12 mars des résultats préliminaires sur la caractérisation de la tolérance des cépages au mildiouThierry Lacombe a présenté le 12 mars des résultats préliminaires sur la caractérisation de la tolérance des cépages au mildiou - crédit photo : Christelle Stef
Le programme Vitirama vise à caractériser la tolérance des variétés de vigne aux bio-agresseurs dans les collections ampélographiques françaises. Les premiers résultats montrent que 5 % des cépages sont peu sensibles au mildiou.

Tous les cépages ne sont pas égaux vis-à-vis du mildiou. La majorité est très sensible à la maladie. Mais une infime partie la tolère. Oui mais lesquels ? C’est l’une des questions à laquelle s’attachent les chercheurs dans le cadre de Vitirama, un programme qui vise à caractériser la tolérance des variétés de vigne aux bio-agresseurs dans les collections ampélographiques françaises. 

Notations dans un contexte de pression exceptionnelle

En 2018, dans la collection de l'Inra de Vassal, les chercheurs ont réalisé les premières notations sur le mildiou dans un contexte de pression exceptionnelle. Pour les Vinifera, ces résultats préliminaires montrent que 5 % des cépages sont peu sensibles à la maladie. « Des variétés corses, hongroises, portugaises… », a énuméré Thierry Lacombe, de l'Inra de Montpellier. Il s’agit par exemple du Carcajolo, Dabouki, Grechetto, ötfürtü, Pagadebiti, Septimer, Szagos bajnar, Verdelho feijão, Vinhao.

8 % des Lambrusques (vignes sauvages) se sont également révélés très peu sensibles, principalement des variétés du Pays Basque et de Tunisie.

Des différences de sensibilité selon les organes

Trois-quart des hybrides spécifiques ont résisté à la maladie. Mais attention, certains se sont révélés très sensibles, comme le carubis, perdin, suffolk red, volney. « Hybride, n’est pas synonyme de résistance systématique », a insisté Thierry Lacombe.

Autre observation des chercheurs : certaines variétés sont très sensibles au mildiou au printemps mais pas en été (alval, chichaud, plant droit). Pour d’autres c’est l’inverse (couston, fiano, peloursin, roditis). D’autres tolèrent la maladie sur le feuillage mais pas sur les grappes (moschofilero, sultanine), et inversement (red globe, victoria, cualtacciu, uva biancano).

Résultats à prendre avec prudence

Ces résultats prélimininaires sont toutefois à prendre avec prudence, car ils ne sont issus que d’une seule année de suivi. Ils devront être confortés par d’autres observations, des tests en conditions contrôlées sur des disques foliaires et l’analyse des données d’autres partenaires. Rendez-vous en 2020, date de la fin du programme Vitirama pour voir si les tendances se confirment ou pas.

Qu'est-ce que Vitirama ?

Initié en 2018, ce projet de recherche vise à caractériser la tolérance des variétés de vigne à différents bio-agresseurs (le mildiou mais aussi l’oïdium, le botrytis, les maladies du bois, l’excoriose, et l’érinose) dans les collections ampélographiques françaises. Ce travail est réalisé dans la collection de l’Inra à Vassal mais aussi dans celles de l’Inra de Colmar et celles appartenant à l’IFV et situées à l’Espiguette et dans le Sud-Ouest. « La collection de l’Inra de Vassal est au cœur du projet. Elle regroupe plus de 8000 accessions : des cépages cultivés, des hybrides, des variétés sauvages », a détaillé Thierry Lacombe, de l’Inra de Montpellier, le 12 mars dans le cadre de la journée Scientifique Vigne et vin, organisée à Montpellier Supagro.

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