LE FIL

Marché vrac en Beaujolais

Après une bonne récolte 2018, les prix flanchent

Lundi 11 mars 2019 par Juliette Cassagnes

Avec un retour à des volumes de production 2018 plus conséquents, les prix des vins vrac en Beaujolais sont repartis à la baisse, tirés par les distributeursAvec un retour à des volumes de production 2018 plus conséquents, les prix des vins vrac en Beaujolais sont repartis à la baisse, tirés par les distributeurs - crédit photo : J Cassagnes
Comme c'est souvent le cas dans le vignoble du Beaujolais lors de récoltes "pleines", les prix des vins vrac en appellations Beaujolais et Beaujolais-villages rouges ont fortement baissé par rapport à l'an dernier.

En appellation Beaujolais hors-primeurs, la plus impactée des deux, le cours moyen à fin février 2019 s'établissait à 132€/hl, contre 167€/hl lors de la campagne précédente à la même date. « Il y a même des transactions qui sont nettement en-dessous de ces prix », indique un courtier de la région. Pour le Beaujolais-villages, le retrait est moindre, avec un prix moyen de 156€/hl contre 180€/hl l'an dernier.

Des prix qui sont donc bien inférieurs aux coûts de production des exploitations, estimés entre 160 et 180€/hl, faisant craindre de nouveaux problèmes de trésorerie pour l'année en cours. « C'est désespérant, on va encore avoir des arrachages », prédit David Ratignier, vice-président d'InterBeaujolais et vigneron. « Les acheteurs suivent le marché, ils ne veulent pas acheter plus cher que leurs voisins ; de leur côté, les viticulteurs négocient très peu, ils n'en ont pas les moyens, ils sont très fragiles », commente le courtier.

Un courant d'affaires régulier

Concernant les volumes, le marché semble désormais actif après un début de campagne très calme. En appellation Beaujolais, 32 200 hl avaient fait l'objet de transactions à fin février, contre 22 500 hl l'an dernier ; en Beaujolais-villages, 30 000 hl ont été vendus, contre 36 200 hl l'an passé.

Cette activité devrait se poursuivre dans les semaines et mois à venir : « On est en retard par rapport à d'habitude, mais je pense que les vins vont se vendre au fur et à mesure des besoins des acheteurs ; il n'y a pas d'achats de précaution », constate Philippe Thillardon, président de la cave Oedoria. « Le courant d'affaires est plus régulier qu'en 2016, qui est un millésime comparable en terme de quantité de récolte, confirme le courtier, qui se déclare « relativement optimiste » pour la suite. Les acheteurs achètent au fil de leurs confirmations de commandes, ils ne disent pas qu'ils n'ont pas de marchés ; les achats vont se poursuivre encore pendant 6 mois, mais à des prix bas... ».

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