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Comment ne pas dépasser 4kg/ha/an de cuivre ?

Mercredi 06 mars 2019 par Ingrid Proust
Article mis à jour le 11/03/2019 11:30:59

La dose de cuivre est désormais limitée à 4 kg/ha/an en moyenne sur 7 ans.La dose de cuivre est désormais limitée à 4 kg/ha/an en moyenne sur 7 ans. - crédit photo : DR
La réglementation européenne impose désormais une dose de cuivre réduite à 4 kg/ha/an en moyenne sur 7 ans. Qu’ils soient en bio ou en conventionnel, les vignerons vont devoir limiter leurs apports de cuivre à la vigne. Les conseils de trois spécialistes.

Soignez la prophylaxie.

La vigueur de la vigne doit être maîtrisée en raisonnant la fertilisation et en favorisant l’enherbement. Il faut aussi éviter la formation de mouillères, car le mildiou se développe en présence d’eau libre dans le sol. « L’ébourgeonnage et l’épamprage sont à réaliser avec soin, ajoute Nathalie Dallemagne, conseillère technique viticulture à la CAB des Pays de la Loire. Celle-ci préconise également « de ne pas travailler le sol avant une pluie, ou par forte chaleur, afin de pas générer de remontée d’humidité ».

Traitez au bon moment et à dose réduite en début de saison.

« Le mot d’ordre est d’éviter au maximum l’apparition des premiers symptômes de mildiou. Le premier traitement doit être positionné avant la date de sortie théorique des tâches primaires, si une pluie est annoncée », indique Agnès Boisson, responsable viticulture à Bio Bourgogne. Pour cette première intervention et les suivantes, jusqu’à la floraison, la technicienne préconise d’appliquer entre 200 et 400 g/ha  de cuivre métal. « La vigne doit être protégée avant chaque épisode contaminateur ».  Nathalie Dallemagne  recommande elle aussi de réaliser le premier traitement avant la sortie des tâches primaires, au stade 3-4 feuilles étalées, avec « 50 à 100 g/ha de cuivre métal, selon la sensibilité du cépage et de la parcelle ».

En conventionnel, il est également préconisé de commencer les traitements anti-mildiou avant l’apparition des tâches primaires. Et là aussi, à dose limitée. « Les vignerons arrivent à gérer le mildiou avec 100 à 300 g/ha de cuivre métal par application en début de saison ou après fleur. Des petites doses apportées tous les 8 jours en forte croissance foliaire assurent une bonne protection », constate Frédéric Schwaerzler, conseiller viticulture à la chambre d’agriculture d’Alsace.

Renforcez la protection à la fleur.

« Les traitements en encadrement de la floraison doivent être réalisés avec 200 g à 400 g/ha de cuivre métal. Il ne faut pas prendre de risque à cette période », souligne Nathalie Dallemagne. « La dose de cuivre doit monter à 600 g/ha à la fleur. Mais il ne sert à rien d’en mettre plus, car dès 5 mm de pluie, une partie du cuivre est perdue. A partir de la floraison, des vignerons utilisent de l’oxyde de cuivre avec du sulfate de cuivre, pour une meilleure résistance au lessivage », explique Agnès Boisson. D’autres optent pour un adjuvant à base de terpènes de pins.

En conventionnel, « les vignerons qui utilisent pas mal de cuivre contre le mildiou réservent l’emploi de fongicides de synthèse à l’encadrement de la fleur, souligne Frédéric Schwaerzler. Nous conseillons des produits à base de foséthyl-al/fluopicolide, ou de cyazofamide et phosphonate, ou de métirame/ametoctradine ».

Ne négligez pas la qualité de la pulvérisation.

« En bio comme en conventionnel, elle est essentielle. Il est préférable de ne pas traiter en bas de coteau s’il y a de la rosée, ou en cas de vent. Les applications doivent être renouvelées rapidement si la pression est forte, et les pluies fréquentes », indique Frédéric Schwaerzler. Agnès Boisson conseille d’utiliser un pulvérisateur pneumatique face par face avec des descentes.

Appliquez du cuivre en duo avec un autre produit.

« La décoction de prêle retarde la maturité des œufs de mildiou, et en cours de saison, elle apporte de la silice qui permet de renforcer les parois cellulaires de la vigne », note Nathalie Dallemagne. « Ces tisanes semblent améliorer l’effet du cuivre », confirme Frédéric Schwaerzler. « Nos essais n’ont pas mis en évidence d’efficacité supplémentaire avec des décoctions de prêle, d’ortie, d’osier », signale en revanche Agnès Boisson. En bio comme en conventionnel, le Cos-Oga (Bastid, Messager) et la cerevisane (Romeo) peuvent être associées avec du cuivre à petite dose. « Avec 200 à 300 g/ha de cuivre métal, le Cos-Oga est intéressant en début de saison », souligne Agnès Boisson.  Le cuivre avec du soufre permet de lutter en bio contre le black-rot. « Il existe une synergie avérée entre le cuivre et le soufre vis-à-vis du mildiou. Il semble que le soufre assèche le mildiou sporulant », indique Nathalie Dallemagne. L’huile essentielle d’orange douce (Limocide) peut aussi être un bon allié en cas d’attaque déclarée de mildiou. En conventionnel, l’usage du LBG (phosphonate de potassium) se développe, constate Frédéric Schwaerzler. « En association avec 200 à 300 g/ha de cuivre, avant la fleur, il donne de bons résultats ».

 

 

 

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