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Côtes du Rhône

L'appellation interdira le désherbage chimique sur 50 % des parcelles

Lundi 04 février 2019 par Chantal Sarrazin

A droite, Philippe Pellaton, président des Côtes du Rhône : 'Nous allons intégrer des mesures agro-environnementale dans le cahier des charges des côtes-du-rhône et des côtes-du-rhône villages'A droite, Philippe Pellaton, président des Côtes du Rhône : 'Nous allons intégrer des mesures agro-environnementale dans le cahier des charges des côtes-du-rhône et des côtes-du-rhône villages' - crédit photo : Chantal Sarrazin
Le syndicat général des côtes-du-Rhône a adopté un plan d’action stratégique en faveur de l’environnement. Il prévoit notamment l’interdiction du désherbage chimique sur les tournières et sur 50 % de la surface plantée de la parcelle. Ces mesures vont être inscrites dans le cahier des charges des côtes-du-Rhône et côtes-du-Rhône villages.

Le syndicat général des vignerons des côtes-du-Rhône adopte la « green » attitude. L’organisme a voté la mise en œuvre d’un vaste plan d’action en faveur de l’environnement lors de son assemblée générale du 23 janvier dernier. Il comporte des mesures obligatoires et volontaires. Dans le champs des premières, la réduction drastique du désherbage chimique. « Nous allons intégrer des mesures agro-environnementale dans le cahier des charges des côtes-du-rhône et des côtes-du-rhône villages, explique Philippe Pellaton, président de la structure. Le désherbage des tournières va être proscrit. Plus de 50 % de la surface plantée de la parcelle ne pourra plus être désherbée chimiquement. » Ces deux mesures s’appliquent aux 4 000 vignerons de l’aire, soit 40 000 hectares. Résultat, les deux tiers de la superficie des côtes-du-rhône ne recevront plus à terme de désherbant. Les vignerons qui ne respecteront pas ces obligations nouvelles encourent la perte de l’AOC. « Nous allons devoir gérer le cas particulier des vignobles à forte pente, notamment dans les côtes-du-rhône septentrionales », précise Philippe Pellaton.

Déploiement de la HVE

Le reste du dispositif, basé sur le volontariat, n’en reste pas moins ambitieux. Le syndicat général va déployer dès cette année la certification Haute valeur environnementale (HVE) à l’échelle collective. « Nous visons 50 % des exploitations certifiées en 2025 et 100 % en 2030, indique Philippe Pellaton. Certes, des vignerons peuvent trouver cela contraignant. Mais nous nous conformons au cadre réglementaire puisque la loi Egalim fixe des objectifs identiques à l’échelle du territoire".Les collectivités locales devrait accompagner financièrement les exploitations des côtes-du-Rhône. La cave des Vignerons de Laudun Chuscalan dont Philippe Pellaton est le président prendra en charge 50 % du coût de la certification HVE. Vigneron à Tulette (26), Michel Bellier estime que ces prises de position vont dans le bon sens et sont pour partié déjà effectives. « Dans notre secteur, il n’y a quasiment plus aucun vigneron qui utilise des désherbants chimiques sur les tournières, expose t-il. Idem sur la parcelle. » Cette année, il va lancer la certification HVE de son exploitation de 90 ha qu’il cultive avec ses deux fils. « Il y a énormément de choses que nous faisons notamment au niveau de l’emploi des produits phytosanitaires réclamé par la HVE. Nous pourrons aussi communiquer sur nos bonnes pratiques. »

Le faire savoir

Des mesures en faveur de la biodiversité (favoriser les chauves-souris, les abeilles…) sont également prévues. « Ce sont des thèmes sur lesquels nous voulons toucher les consommateurs, indique Philippe Pellaton. Nous allons concevoir une collerette avec un message sur nos actions que nous allons proposer aux metteurs en marché. » Cette collerette sera payante. Son montant n’a pas encore été fixé. Les fonds collectés serviront à financer des actions dites « positives » pour l’environnement.

 

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