LE FIL

Danse de salons

Vendredi 25 janvier 2019 par Alexandre Abellan

Attention au départ ! Que l’on y voit une fière pavane ou une queuleuleu dépareillée, la danse des salons professionnels pour la commercialisation des vins est sur le point de redémarrer en ce début 2019. Misant sur ses points forts historiques, chaque danseur compte la différence entre sa performance et la concurrence.

Ouvrant le bal à Montpellier, Millésime Bio adopte un déhanché jazz toujours aussi détaché, mais de plus en plus branché. Résolument dans le coup, sa recette d’une offre bio mise sur un pied d’égalité répond à la musique de fond des marchés demandant des vins alternatifs.

Cherchant à se remettre à la mode, le salon des vins de Loire ne donne plus dans la battle de rappeurs entre évènements on et off à Angers. À défaut d’être harmonieuse, sa chorégraphie présente les saccades du breakdance, avec un trip hop où chacun peut trouver son compte, articulant vins conventionnels, bio et biodynamiques. Tout en s’ouvrant à la gastronomie et à l’œnotourisme avec des évènements pour le grand public.

Puis vient Wine Paris. Se frottant à l’exercice hautement social du tango passionné, le duo Vinisud et Vinovision s’attaque courageusement à la capitale. Neutre d’un point de vue viticole, Paris permet de ne pas se marcher sur les pieds entre vignobles méridionaux et septentrionaux, mais doit relever le défi d’attirer une quantité raisonnable d’acheteurs qualifiés pour imposer son nouveau concept.

Star incontestée de ce numéro de danse, le salon allemand Prowein suit tranquillement son rythme de rock industriel. Avec une efficacité qui a fait ses preuves, et qui devrait afficher de nouveau record pour ses 25 ans, mais dont la formule répétitive pourrait lasser. Véritable usine, le rendez-vous de Düsseldorf noie de plus en plus dans la masse les opérateurs européens, la part belle étant donnée au Nouveau Monde viticole.

N’ayant toujours pas de coach dédié, le salon bordelais Vinexpo ne semble pas encore savoir sur quel pied danser son rondeau. Si ses dates ont été avancées pour 2019, la mise en application
de sa stratégie premium affichée laisse en suspens l’équilibre du retour à un ancrage plus régionalisation après une période d’ouverture hors-Gironde.

Si aucun salon ne tente la danse des sept voiles, ces numéros ont de quoi donner le tournis aux exposants et visiteurs, dont le carnet de danse est aussi sollicité que leur porte-monnaie. Mais sauf en cas de gadin(s), ce ne sera sans doute pas cette année qui permettra de réduire l'offre foisonnante de salons de la filière vin.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé