LE FIL

Débats viticoles

Vendredi 11 janvier 2019 par Marion Sepeau Ivaldi

En ce début d’année deux débats viticoles reflètent, une nouvelle fois, l’affrontement entre le désir de croissance et d’innovation et celui de protection et de continuité. A Cognac, les demandes de plantations nouvelles, justifiées par un marché en plein boom et une économie florissante, font redouter une déstabilisation du marché français si un retournement de la demande se produisait à l’avenir. Les heures sombres où Cognac était en crise, ont laissé un goût amer dans l’Hexagone, de quoi pousser le Conseil spécialisé de FranceAgriMer à freiner des quatre fers pour accorder cette croissance. Dans un tout autre domaine, celui des cépages résistants, la guerre des noms est relancée. Le Conseil spécialisé de FranceAgriMer retoque le merlot khorus car l’évocation du mot « merlot » fait craindre une confusion pour le consommateur. Ce qui a le don d’en faire bondir plus d’un pour qui, justement, l’évocation du cépage référent permet au consommateur de choisir plus facilement un vin issu de cépage résistant. A travers ces deux exemples, au fond, ce sont les décisions du Conseil spécialisé vins de FranceAgriMer, qui sont discutées et contestées. Ses membres, choisis par le ministre, et tous élus professionnels des différents syndicats de la profession, sont l’expression démocratique de la filière. Le projet de refonte de la gouvernance du Conseil spécialisé qui interviendra cette année, doit s’intéresser à l’équilibre entre la représentation de la production et du négoce. Actuellement, les représentants professionnels issus de la production y sont largement majoritaires. Cette refonte de la gouvernance du Conseil spécialisé vin pourrait ainsi permettre à d’autres courants de pensées de s’exprimer au sein de cet outil unique et efficace de pilotage de la filière.

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