LE FIL

Philosophe du vin

Le vigneron alsacien Jean-Michel Deiss reçoit le prix spécial de la RVF

Vendredi 11 janvier 2019 par Alexandre Abellan

« Toutes mes idées ne sont pas solubles dans l’air du temps » aime à confier Jean-Michel Deiss dans un sourire.« Toutes mes idées ne sont pas solubles dans l’air du temps » aime à confier Jean-Michel Deiss dans un sourire. - crédit photo : RVF
Iconoclaste pouvant passer pour un doux dingue, ce défenseur de la diversité de l’encépagement et de la dégustation des terroirs est distingué pour sa philosophie bien personnelle de la vigne et du vin.

Recevant ce 10 janvier le prix spécial des trophées de la Revue du Vin de France 2019, Jean-Michel Deiss a montré toute son humilité en partageant sa récompense avec… une pierre. Amenant au pupitre un morceau de son vignoble, le vigneron en biodynamie s’est revendiqué en vrai paysan, avec un bon sens qui lui permet de défendre une vision personnelle de la production et de la dégustation des vins. « Dans un vignoble alsacien où la typicité des vins s’exprime beaucoup par les cépages, le vigneron Jean-Michel Deiss a su, contre vents et marées, imposer sa vision d’une autre viticulture » explique ainsi la RVF, saluant l’innovation qu’ont représentée les complantations réalisées sur le domaine Marcel Deiss. Permettant d’exprimer la diversité d’un terroir avec différents cépages.

« Je ne crois pas aux crus monocépages et au zonage variétal qui est l’orientation lourde des responsables de la Commission Permanente de l’INAO. Une ineptie ! » taclait le vigneron alsacien sur Vitisphere en 2013. « On m'a pris pour un fou ou un demeuré, avec mes parcelles complexes complantées. Mais, au fil des millésimes, des accidents climatiques, on voit que mes vignes complexes, non seulement permettent la pleine expression stable du terroir, mais me permettent aussi d'équilibrer les risques, qu'ils soient sanitaires ou climatiques » assurait le vigneron, qui n’a pas changé d’avis depuis, au contraire.

Dégustation géosensorielle

Président de l’Université des Grands Vins (fondée en 2013), Jean-Michel Deiss milite contre la monoculture viticole, mais aussi pour une meilleure connaissance gustative des terroirs. Ayant lancé l’an dernier le diplôme universitaire « vers le terroir par la dégustation géosensorielle » à l'Université de Strasbourg, le vigneron a toujours l’idée d’apprendre au plus grand nombre à distinguer un bon vin d’un grand vin.

Défenseur du vin, le vigneron alsacien Jean-Michel Deiss l’est d’ailleurs au sens le plus premier. Durant une dégustation, n’allez pas secouer votre verre à vin devant lui pour mieux en sentir tous les arômes. Le président de l'Université des Grands Vins en serait heurté, rejetant les dégustations techniques qui tiennent de la dissection, le gérant du domaine Marcel Deiss prend le temps de la douceur pour ne pas presser le vin et le laisser exprimer par lui-même ses spécificités.

Le palmarès complet
  • Prix de la Personnalité de l'année : Pascaline Lepeltier, restaurant Racines NY à New-York
  • Vigneron de l'année : Vincent Dureuil, domaine Dureuil-Janthial à Rully
  • Négociant de l'année : Groupe Duclot
  • Coopérative de l'année : La Fruitière vinicole de Voiteur, dans le Jura
  • Carte des vins de l'année : restaurant Le Grand Monarque, à Chartres
  • Prix de l'innovation : Champagne Drappier
  • Cave de l'année : V. Marchand de Vins, à Saint-Gély-du-Fesc en Languedoc
  • Grande surface de l'année : Le 4 Casino, à Paris
  • Prix de l'œnotourisme : La Commanderie de Peyrassol, en Provence
  • Prix de la découverte : Domaine de Chevillard, en Savoie
  • Spiritueux de l'année : Calvados Christian Drouin

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