LE FIL

Mildiou

L’expérience de 2018 permettra-t-elle de ne plus traiter à l’avenir ?

Mercredi 02 janvier 2019 par Alexandre Abellan avec Marion Ivaldi et Michèle Trévoux

Alors que les Indices de Fréquence de Traitement ont globalement bondi en 2018 dans le vignoble, sans toujours assurer un rendement à bloc, ils sont restés à un niveau plancher pour les cépages résistants, démontrant leur force.
Alors que les Indices de Fréquence de Traitement ont globalement bondi en 2018 dans le vignoble, sans toujours assurer un rendement à bloc, ils sont restés à un niveau plancher pour les cépages résistants, démontrant leur force. - crédit photo : Création Vitisphere
Alors que le stress et les dégâts causés en 2018 par le mildiou restent vifs, tous les vignerons ne se préparent pas à traiter à bloc dès le début de campagne 2019 : ceux ayant planté des cépages résistants sont d’ores et déjà sereins.

Entre les conditions climatiques pluvieuses et l’important inoculum présent au début de la campagne, le vignoble français a globalement connu une épidémie de mildiou durant le millésime 2018. Du moins pour ses cépages classiques, les nouvelles variétés résistantes aux maladies cryptogamiques ayant démontré leur capacité à supporter une pression historique. Si des symptômes de mildiou ont été observés sur les cépages résistants obtenus par le défunt Alain Bouquet, il n’y a pas d’inquiétudes à avoir : ces nécroses résultent de l’hypersensibilité de la vigne au champignon, qui est le fondement du mécanisme de résistance.
« Le mildiou commence à se développer, la plante réagit avec ces nécroses qui bloquent le développement du champignon. Il n’y a pas de sporulation comme on l’observe avec les variétés sensibles » assure ainsi le professeur Laurent Torregrosa (Montpellier SupAgro). Même si « la pression a été telle que des jeunes fleurs fécondées ou jeunes baies se sont nécrosées et momifiées. La plupart sont tombées avant la récolte, l’impact reste mineur sur le volume récolté. Rien à voir avec les dégâts sur le merlot de la parcelle d’à côté, qui a été dévasté malgré 12 traitements » assure l’enseignant-chercheur.

"Traiter un minimum"

« C’est le jour et la nuit entre un rang de sauvignon blanc et de cépages résistants ! » résume Vincent Pugibet, le copropriétaire du domaine de la Colombette (230 hectares de vignes à Béziers). « Les choses se confirment, on voit la bonne résistance de Cal 6-04, du souvignier gris ou du Monarch, qui résistent au mildiou sans le moindre traitement. En revanche, il y a des cépages qui passent au travers, comme le joanniter ou le cabernet blanc. Pour ces résistances moyennes, il faut traiter un minimum » ajoute l’expérimentateur (exploitant 30 ha de résistants)
Si ces nouveaux cépages ont fait la preuve en 2018 de leur résistance aux maladies cryptogamiques, leurs vins sont également de plus en plus confrontés à de premières dégustations. Afin d’en connaître la perception et le potentiel d’adoption par les consommateurs qui est clé. Ces données étant la clé du déploiement de ces cépages après le succès de leur mise à l’épreuve technique.

« On peut faire de choses intéressantes en assemblage » témoigne ainsi une dégustatrice lors d’un test comparatif réalisé sur le dernier salon Vinitech. « Il est toujours difficile d’accepter de nouveaux goûts. Mais, nous sommes obligés de nous y adapter car le monde change » analyse Petri Houweling, journaliste néerlandaise pour Perswijn.

Estimant que « les consommateurs seront obligés de s’adapter à ces nouveaux cépages. Il est certain que cela prendra du temps. »
 

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