LE FIL

Changement de pratiques

La viticulture bio survivra t-elle à la baisse des doses de cuivre ?

Mercredi 26 décembre 2018 par J Cassagnes avec M Ivaldi, A Abellan, C Stef

Avec l'entrée en vigueur de la nouvelle quantité de 4 kg/ha/an lissée sur 7 ans, les conditions météo de l'année 2019 seront déterminantes pour les viticulteurs bio
Avec l'entrée en vigueur de la nouvelle quantité de 4 kg/ha/an lissée sur 7 ans, les conditions météo de l'année 2019 seront déterminantes pour les viticulteurs bio - crédit photo : Vitisphere
La décision prise par l'Union européenne fin novembre d'abaisser les doses de cuivre autorisées fait craindre d'importantes difficultés techniques pour les vignerons bio. Les surfaces et la production risquent d'en pâtir à court terme.

Cela faisait un bon moment que les viticulteurs la redoutait et l'attendait. Elle a fini par arriver, le 27 novembre de cette année 2018, avec la décision, par la Commission européenne d'abaisser le seuil de 6kg à 4kg/ha/an de cuivre. Petite consolation néanmoins pour les producteurs bio, l'augmentation de la durée de lissage, qui passe de 5 à 7 années, demandée entre-autres par la France.

Ce changement est intervenu dans le cadre de la procédure de réexamen de la matière active, qui devait avoir lieu initialement avant le... 31 janvier 2018, date d'expiration du cuivre, puis reporté d'un an, en janvier 2019. L'Europe s'est notamment appuyée sur le rapport de l'EFSA de février 2017, mais qui ne préconisait pas de lissage.

On peut désormais légitimement s'interroger, pour l'année à venir mais aussi les prochaines, quant à la faisabilité technique pour les viticulteurs bio... Surtout si le mildiou s'avère aussi virulent qu'en 2018. De fortes craintes ont été à plusieurs reprises exprimées à ce sujet par les instances professionnelles nationales et divers syndicats, sans résultat. De nombreux vignerons risquent d'abandonner. Il s'agira donc de suivre de près, dès 2019, l'évolution des surfaces bio et le nombre de nouvelles (dé)conversions.

A savoir néanmoins que l’État français prépare un « plan national sur le cuivre », conformément aux propositions de la FNAB, qui devrait être annoncé début 2019. Les responsables professionnels espèrent que les résultats de ce groupe de travail permettent d'ouvrir de nouvelles voies et d'éviter les impasses, voire contournements, qui s'annoncent.

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Agrobio Gironde Le 03 janvier 2019 à 16:14:35
Il aura fallu pas moins de quatre rédacteurs de Vitisphere pour finaliser un article sur le sujet sensible de la « survie de la viticulture bio ». Malgré ces renforts, la rédaction manque de pertinence dans son approche. Après avoir repris les propos de Bernard Farges, pourfendeur de la bio à Bordeaux, sur les déconversions à prévoir prochainement, il lui a fallu ré-ajuster le tir puisque déconversion il n'y a pas eu sauf dans les rêves déconnectés de certains… Au contraire, ce sont 105 nouvelles conversions viticoles qui étaient déjà enregistrées fin novembre en Gironde. Décidément, à force de regarder la bio avec un masque de réalité virtuelle, on finit par trébucher sur le monde réel. Du coup, le couvert est remis sur le même thème, non pas sur 2019, puisque là c'est déjà raté, mais sur les années suivantes, comme si on voulait continuer, à toute force, maintenir un doute et une petite musique de fond .. ça suffit bien.. La viticulture bio s'en sortira sans tous ses faux amis. Elle est littéralement propulsée par la demande. Elle deviendra donc encore plus pointue, plus proche du terrain et plus économe en cuivre. Et c'est une bonne chose. Arrêtez donc de plaindre la viticulture biologique qui serait une sorte de canard boiteux et souffrant, sur lequel il conviendrait de se pencher avec compassion. Au contraire, dites plutôt que c'est elle qui est la plus à même de sauver le vin et le monde du vin. Elle ,au moins ,arrive encore à faire rêver les amateurs de vin. Avez-vous déjà vu un consommateur se pâmer devant une bouteille de vin parce qu'elle est certifiée ISO 14001 ? Ou HVE niveau 500 ? Ou SME ? Cela ne fait rêver personne. Au mieux, cela entoure d’un épais brouillard communicant les questions environnementales. Faites donc plutôt savoir que les vins bios se vendent bien et que les commerciaux vivent une demande réelle et croissante. Le besoin de naturalité des amateurs de vins rencontre « naturellement » les vins bios et pas les vins HVE. C'est une donnée avec laquelle il va falloir faire. Les soi- disant responsables du CIVB, disposent, depuis longtemps, de tous les éléments pour faire publier chaque mois les volumes et les prix des vins bios qui se sont vendus. Bien qu'ayant été très souvent formulée, cette demande de communication n'a jamais été satisfaite. Encore une fois, on retrouve la même difficulté à se confronter au réel. De gros nuages s'amoncellent au dessus du monde du vin : le krach économique rampant depuis la mi-2018 et les hordes d'hygiénistes anti-vin, hystérisés par Mme Buzyn, qui veulent transformer nos vies en chemin de pénitence. Les bombes à retardement autour du thème pesticides/santé/enfants devraient inciter les responsables à mettre en avant une vraie alternative et renouer avec les 400 000 foyers qui ont rayé le vin de leurs achats depuis un an. Ils devraient aussi hâter les évolutions inévitables au lieu de les retarder encore, et plomber durablement l'image du vin dans de nouveaux épisodes, dès lors inévitables. Les responsables sont ceux qui permettent de continuer à camoufler la vérité tant dans les instances professionnelles que au dans les lieux de pouvoirs qui devraient cesser de courir après le mirage d’un SME vide de sens et d ‘efficience ! Les bios , la FRAB et ses partenaires ont lancé une vraie dynamique avec le pacte régional de développement en Nouvelle-Aquitaine .Loin des combats d’arrière-garde il faut maintenant unir nos efforts pour accomplir la transition agricole,qui passera par la fin de l’utilisation des pesticides de synthèse et la mise en place des alternatives , seules à même de sauver la belle image de Bordeaux et de la Nouvelle-Aquitaine
Christian CALLEC Le 03 janvier 2019 à 12:16:38
Bonjour et bonne année à toutes et tous, Ayant lu cet article (en anglais) il y a déjà quelques temps, je voudrais savoir si de tels efforts sont faits aussi en France pour remplacer le cuivre en cas de mildiou. Je trouve les résultats publiés dans cet article en 2011 déjà (expérimental) assez intéressants pour être étudiés en France aussi au lieu de continuer à tourner en rond autour de doses de cuivre... http://www.academicwino.com/2011/10/alternatives-to-copper-in-combating.html/
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