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Business

Y aura-t-il un vainqueur dans la guerre des salons ?

Lundi 24 décembre 2018 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 02/01/2019 10:44:12

2019 sera marquée par un programme événementiel des plus chargé.
2019 sera marquée par un programme événementiel des plus chargé. - crédit photo : Vitisphere
2018 a rebattu les cartes de l’échiquier des salons. 2019 sera l’année de la vérité. Y aura-t-il un gagnant ? Ou verra-t-on apparaître une segmentation de l’offre.

Prowein a su s’imposer comme le salon de référence mondiale du monde du vin. Sa capacité à frôler l’exhaustivité en matière d’offre internationale, en ménageant et installant une présence forte des pays producteurs « overseas » ainsi que son savoir-faire pour attirer des acheteurs ont conquis le business du vin. De quoi bousculer les deux salons français qui se partageaient le gâteau, Vinexpo et Vinisud. Et provoquer des changements et modifications en chaîne qui ressemblent davantage à une fragmentation qu’à un rassemblement des forces françaises. Alors qu’il y a presqu’unanimité pour dire, ou du moins penser, que laisser à l’Allemagne le leadership en matière de salon du vin est inconcevable, il y a un véritablement éparpillement des idées pour trouver la proposition qui renverserait la vapeur.

Objectif Premium

En 2018, les solutions ont donc été diverses. Commençons par Bordeaux. Vinexpo a choisi de modifier ses dates pour désormais se tenir en mai (du 13 au 16 mai 2019). Et, alors que son directeur général Guillaume Deglise a quitté le navire (et dont son successeur n’est toujours pas connu), l’organisation du salon a présenté son ambition nouvelle : celui d’être le salon mondial des vins premiums. « On ne se considère pas en confrontation frontale avec Prowein. Nous n’avons pas la même proposition, nous allons volontairement sur le périmètre du premium et du média permanent » a expliqué, en septembre dernier, Patrick Seguin, le président de la Chambre du Commerce et de l’Industrie de Bordeaux et du directoire de Vinexpo.. « Ancré à Bordeaux, qui est synonyme de vin, Vinexpo a une petite longueur d’avance sur la concurrence en termes de notoriété » a précisé, le même jour, Christophe Navarre, le président du conseil de surveillance de Vinexpo. Ce repositionnement est complété par une stratégie de déploiement de la marque hors de la ville de Bordeaux à travers divers évènements : salons à l’étrangers (Hong-Kong, New-York), de rendez-vous d’affaires (Vinexplorer) ou encore un Vinexpo Paris en 2020. Ce dernier aura lieu du 13 au 15 janvier et se veut complémentaire et non concurrent de l’évènement bordelais avec un positionnement à « une dominante de spiritueux, voire plus généralement du monde du bar » explique Matthieu Vanhalst, le directeur commercial de Vinexpo.

La carte des régions

A Paris, justement, les choses sont en plein bouleversement. Vinisud se tiendra pour la première fois à la capitale en 2019 en même temps que Vinovision Paris. Regroupés sous la marque ombrelle Wine Paris, les deux salons uniront leur force du 11 au 13 février au Parc des Expositions de la Porte de Versailles. Toute l’offre française y sera donc réunie, sans le soutien et la participation de l’interprofession bordelaise mais la présence d’entreprises de cette région. Et sans même attendre les résultats de cet essai, les deux salons ont annoncé leur intention de renouveler l’expérience en 2020. Positionné comme le salon vitrine des régions viticoles françaises, Wine Paris choisit de proposer un tour d'horizon à 360° des vignobles français aux acheteurs du monde entier en jouant sur la proximité de Paris avec les plus grands marchés de consommation européens.

La lisibilité de l’offre des deux ténors évènementiels est donc clairement posée. Reste qu’elle ne répond pas à toutes les attentes et notamment celles des entreprises de petites tailles, peu à même assumer les frais d’une présence à Bordeaux, à Paris ou encore à Düsseldorf. De quoi peut-être relancer et conforter, l’utilité de salons régionaux ? Le salon des vins de Loire a montré en 2018 un certain succès dans son ambition nouvelle et a validé l’intérêt de se dérouler en même temps que la Levée de la Loire. Par ailleurs, l’AOC du Languedoc lance un salon d’une journée avec 150 producteurs languedociens qui souhaitent rencontrer des acheteurs sans pour autant monter à Paris. Comme pour le salon des vins de Loire, ce nouveau salon recherche à bénéficier de l’attrait des vins bios et biodynamiques en choisissant de se tenir un jour avant Millésime Bio. Ce dernier salon, quant à lui, fait figure d’intouchable, véritable colosse en croissance maîtrisée sur un marché où la pénurie de produits est une crainte lancinante et une promesse de fermeté de prix. A ce nouveau salon Languedocien s'ajoute également la perspective d'un autre rendez-vous régional en 2020 qui serait une version grand public de Vinisud.

Dans ce contexte, 2019 apparaît comme une année charnière et certainement déterminante pour l'avenir de l'offre évènementielle. Soit la fragmentation de l'offre française affaiblit la proposition : les bilans seront alors peu reluisants (mis à part pour Millésime Bio). Soit la stratégie de spécialisation de l’offre fonctionne grâce à un meilleur ciblage des visiteurs permettant une efficacité des rencontres commerciales. L’avenir le dira.

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