LE FIL

Coût de production

Avec le nouveau TODE, les ventes de robots vont-elles décoller ?

Lundi 31 décembre 2018 par Marion Sepeau Ivaldi

Les robots sont vus comme une réponse à la pénibilité du travail et à l'allègement des coûts de main d'oeuvre.Les robots sont vus comme une réponse à la pénibilité du travail et à l'allègement des coûts de main d'oeuvre. - crédit photo : Vitisphere
L’automne 2018 a été marqué par les vifs débats consécutifs à la volonté de supprimer l’aide à l’emploi des salariés viticoles. De quoi raviver la réflexion sur les coûts de main d’œuvre en viticulture.

La disposition aura été sauvée in extremis et après de vifs échanges entre les députés. Le 27 novembre 61 députés contre 60 approuvent, dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale, une exonération allant jusqu’à 1.20 SMIC sur les cotisations patronales concernant l’emploi des travailleurs saisonniers. La décision est un soulagement puisque l’ambition initiale du gouvernement était de tirer un trait purement et simplement sur une disposition qui visait à rééquilibrer les différences du coût de la main d’œuvre entre les différents pays de l’Union européenne.

Déception viticole

Mais le soulagement reste limité car jugé insuffisant. Dans le vignoble, la déception est forte. « C'est un moindre mal, mais ce n'est pas suffisant : il faut pérenniser le dispositif » a critiqué le vigneron Anthony Bafoil, porte-parole du Syndicat des Vignerons du Gard (SVG) suite au vote. Même insatisfaction pour le Syndicat Général des Vignerons de Champagne (SGV). Cette mesure laisse de côté 90 % des contrats saisonniers champenois. « C’est une double peine pour la filière viticole champenoise. Nous devrons payer plus de charges patronales car nous avons décidé de bien rémunérer nos travailleurs occasionnels. Cette mesure pourrait conduire les employeurs à repenser leur politique salariale pour pouvoir bénéficier de l’exonération » a estimé, dans un communiqué, Maxime Toubart, le président du SGV, tout en demandant au gouvernement une nouvelle avancée.

L’inquiétude est en effet grande car le texte adopté prévoit comme « objectif de permettre aux employeurs de saisonniers agricoles de s’adapter pendant deux années, dans l’optique d’une harmonisation complète en 2021 avec le régime des allégements généraux » explique ainsi le sous-amendement, adopté, du député héraultais Philippe Huppé (La République En marche). En d’autres termes, l’exonération devrait être abandonnée en 2021.

Robotisation et compétitivité

Dans ces conditions, la question de la mécanisation du travail au vignoble et notamment l’arrivée des robots est mise en avant pour répondre à la nécessaire compétitivité des entreprises. 2019 sera une année test puis que les premiers Bakus de Vitibot devraient être commercialisés cette année. L’entreprise annonce par ailleurs de nombreuses innovations pour cette nouvelle année. Les autres entreprises œuvrant dans la robotique viticole continuent, quant à elles, leurs essais.

Bref, dans un futur qui se rapproche de plus en plus vite, les robots seront là Ce qui n’est pas sans poser des questions sociales et éthiques, comme le montre le happening d’un groupe d’agriculteurs lors du Forum international de la robotique agricole qui s’est tenu à Toulouse les 11 et 12 décembre dernier et relayé par nos confrères de la France Agricole. Le groupe a fait interruption dans les débats pour dénoncer l’arrivée des robots en agriculture, pointant notamment du doigt l’accès à ces technologies qui ne pourraient être réservés qu’aux structures ayant les moyens d’investir.

Par ailleurs, les robots, s’ils lèvent des contraintes de pénibilité et de main d’œuvre, introduisent d’autres problématiques. Et notamment celles de son intégration dans l’organisation du travail. L’expérience montre également que, chez certains exploitants, les robots se sont révélés être une charge mentale supplémentaire. Pour en savoir plus, lisez ceci.

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