LE FIL

Sommellerie belge

Le plus grand cours de dégustation de vin au monde réunit 300 étudiants

Mercredi 12 décembre 2018 par Alexandre Abellan

Payant (10 €/étudiant), ce cours de dégustation s’est tenu dans l’amphithéâtre K du campus Solbosch de l’ULB (à Ixelles, commune de Bruxelles).
Payant (10 €/étudiant), ce cours de dégustation s’est tenu dans l’amphithéâtre K du campus Solbosch de l’ULB (à Ixelles, commune de Bruxelles). - crédit photo : IWD
Prônant l’accessibilité de la culture sommelière, l’école d'œnologie Inter Wine & Dine de Bruxelles a battu le Guinness World Record du nombre de participants à une leçon de sommellerie dédiée aux bulles.

Battre un record mérite bien de sabrer le champagne. 309 étudiants de l’école d'œnologie Inter Wine & Dine (IWD) et du cercle œnologique de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) étaient réunis ce 11 décembre à la capitale belge pour le plus grand cours de dégustation au monde. Si la plus grande dégustation de vins au monde reste espagnole (5 095 personnes réunies à la Plaza de Toros en 2006), le précédent Guinness World Record du plus important cours de dégustation avait réuni 271 participants américains (à Seattle en 2016).

Animé par le docteur Fabrizio Bucella, le directeur d’IWD et professeur à l’ULB, ce cours sur les vins effervescents (Champagne et crémants) bat donc sur la corde ce précédent record. Et le fait avec un esprit aussi studieux dans l’apprentissage de la dégustation que décontracté dans la découverte des vins.

Cours n’est pas concours

Ne parlez pas à Fabrizio Bucella d’inculquer un quelconque esprit de compétition ou de faire passer la moindre épreuve de dégustation à l’aveugle à ses élèves. « C’est tout l’inverse de ce que je prône. Je plaide pour une culture du vin accessible et compréhensible à tous. Formater des bêtes de concours pour disséquer des crus et les deviner enlève tout plaisir » explique le sommelier belge. Qui voit dans la bête de concours davantage le bête que le concours, et reste bien opposé à tout élitisme : sauf quand il faut l’art et la manière de sabrer le champagne.

 

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fabbuc Le 16 décembre 2018 à 09:56:40
Monsieur Guide Chauvet, je vous remercie pour votre message. Enseigner à un grand nombre n'est pas incompatible avec le souci de la qualité pédagogique. Si tel n'était pas le cas, il faudrait fermer dans les universités belges et françaises tous les grands amphithéâtres. Ces enseignements n'excluent pas les approfondissements en petits groupes (ateliers, travaux pratiques, ...). Pour revenir au débat concernant le vin : celui-ci est, qu'on le veuille ou non, est un produit qui possède une barrière à l'entrée très élevée : code, rite, culture, classe sociale... Les enseignements dont l'article fait référence n'ont qu'un seul objectif : faire tomber cette barrière. Beaucoup des étudiants qui fréquentent nos cours n'auraient jamais suivi une leçon d'oenologie en petit groupe car trop intimidant, trop cher, trop formel, trop... Si un record du monde ou la tradition étudiante du sabrage devant les rires de l'assistance peut aider, le pédagogue est satisfait. Dès que vous passez à Bruxelles, je serai ravi de vous inviter à suivre l'un de nos cours et à partager vos impressions et un verre de vin. Cordialement.
GuideC Le 14 décembre 2018 à 15:46:13
Fabrizio BUCELLA est peut-être un enseignant compétent mais me semble s'exprimer surtout dans la contradiction à travers sa dernière démonstration collective: - la volonté de battre un record de participation à un enseignement, si bien mené soit-il, va à l'encontre de la recherche qualitative annoncée, - la culture du vin, par essence, est complexe car intimement liée à l'histoire de l'homme, ce qui la rend passionnante; pour autant son accessibilité n'a rien à voir avec sa "compréhensibilité"; il suffit de faire un parallèle avec l'approche d'un art comme la peinture par exemple pour saisir que la perception du détail ne peut passer qu'à travers une information d'amont correctement structurée, indépendamment de la pure notion "j'aime ou je n'aime pas" traduisant l'accès direct et/ou l'éveil émotionnel, - enfin, quelle est la plus "bête" des deux personnes, celle qui concentre ses perceptions sensorielles pour approcher la forme et les caractéristiques organoleptiques d'un vin, non pas pour deviner mais rechercher une parenté avec son propre référentiel en vins en s'effoçant d'approfondir sa compréhension du monde viticole ou bien le "barbare" qui fait exploser le goulot d'une bouteille d'effervescent, a fortiori de Champagne, pour le seul plaisir d'une gerbe courte et surtout malheureusement plus apte à mouiller ses chaussures que remplir les verres, avec une agression physique par brusque détente dépressionnelle sur un produit éminemment complexe, dans son assemblage de cépages, d'origines de crus, de millésimes ? J'ai une idée sur la réponse. Cette position tranchée me semble d'autant plus étonnante que M.BUCELLA a probablement eu l'occasion de croiser et s'entretenir avec M.Pierre CITERNE au sein de la "Revue du Vin de France" auxquels tous deux collaborent: ce dernier est un dégustateur analytique hautement performant dont je ne connais aucun égal mais qui n'oublie jamais la dimension humaine de celui ou celle qui par son engagement et ses convictions a su réaliser cet ouvrage pleinement abouti qui est bien loin d'être seulement un objet dont il faut percer l'identité. Une fois encore, on pourrait penser que la recherche de reconnaissance médiatique soit devenue un moteur par trop pervers, éloignant de l'humilité naturellement attendue en matière d'enseignement et de transmission.
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